Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/46

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le camp opposé au sien, devenait imprenable pendant son séjour au delà du trait glorieusement franchi.

Finalement la foule des prisonniers verts devint si considérable que Marius, d’une voix impérieuse, décréta la victoire du camp rouge.

Les chats, sans tarder, revinrent tous près de l’enfant, puis grimpèrent le long de son corps, pour reprendre les places qu’ils occupaient à l’arrivée.

Marius en s’éloignant fut remplacé par Bob, le dernier des frères, ravissant blondin de quatre ans aux grands yeux bleus et aux longs cheveux bouclés.

Avec une maîtrise inouïe et un talent d’une miraculeuse précocité, le charmant bambin commença une série d’imitations accompagnées de gestes éloquents ; bruits divers d’un train qui s’ébranle, cris de tous les animaux domestiques, grincements de la scie sur une pierre de taille, saut brusque d’un bouchon de champagne, glouglou d’un liquide versé, fanfares du cor de chasse, solo de violon, chant plaintif de violoncelle, formaient un répertoire étourdissant pouvant donner, à qui fermait un moment les yeux, l’illusion complète de la réalité.

L’enfant prodige prit congé de la foule pour rejoindre Marius, Hector et Tommy.