Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



D’un regard, le chimiste, sans approcher, s’assura de l’attention générale, puis nous désigna, en nommant la substance de chacun, dix larges boutons exposés verticalement l’un contre l’autre sur la portion basse de la rainure.

L’ensemble formait une ligne brillante et multicolore chargée des reflets les plus variés.

En haut, le premier bouton, en or fauve et uni, offrait une surface étincelante. Au-dessous, le deuxième, tout en argent, tranchait à peine sur le fond pareil de la patience. Le troisième, en cuivre, ― le quatrième, en platine, ― le cinquième, en étain, ― et le sixième, en nickel, ― étalaient leurs disques de même taille et privés de tout ornement. Les quatre suivants étaient faits d’une foule de pierres précieuses, délicatement soudées ; l’un se composait uniquement de diamants, l’autre de rubis, le troisième de saphirs et le dernier d’émeraudes éclatantes.

Bex retourna la patience pour nous montrer son autre face.

En bas pendait un morceau de drap bleu auquel tous les boutons étaient cousus.

Dix feuilles de métal gris très mince, appliquées sur l’étoffe, s’étageaient au long de la rainure, dont elles avaient exactement la largeur. Elles occupaient, sur ce côté de l’objet, la place correspondante à celle des boutons, qui devaient en diamètre égaler leur hauteur. Dix aiguillées