Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/70

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Mise à nu, la partie jusqu’alors invisible du cylindre culminant devint le point de mire de tous les regards. Le fût argenté, pareil à un véritable crayon parfaitement taillé, se rétrécissait en forme de cône, laissant dépasser une épaisse mine d’ambre, lisse et arrondie.

Bex, répétant sa manœuvre, décoiffa successivement les dix cylindres, qui tous laissaient pointer, hors de leur extrémité régulièrement amincie, la même mine jaunâtre et diaphane.

Ce travail terminé, le chimiste traversa de nouveau l’esplanade, emportant sous ses bras les dix courts étuis qu’il déposa près de la patience.

Une explication était nécessaire. Bex prit la parole pour nous révéler le but de ses différents agissements.

Les mines à teinte d’ambre enfermées dans les crayons géants étaient faites d’une substance fort complexe, préparée par Bex et baptisée par lui aimantine.

Malgré les entraves accumulées, l’aimantine était sollicitée à distance par tel métal déterminé ou par tel joyau spécial.

Grâce à certaines différences de composition, les dix mines placées sous nos yeux correspondaient, comme attirance, aux dix boutons solidement retenus dans la rainure de la patience.

Pour rendre possible et pratique le maniement