Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/81

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autre qu’un immense ver épais comme l’index, dérouler de lui-même ses deux premiers anneaux et se tendre lentement jusqu’au Hongrois.

La Billaudière-Maisonnial, remis debout, dut se prêter à une nouvelle expérience. À la demande du tzigane, il reçut le ver, qui rampa sur sa main ouverte ; son poignet faiblit aussitôt sous le brusque affalement de l’intrus, qui, paraît-il, pesait comme du plomb massif.

Skarioffszky éloigna le ver toujours adhérent à son bras et le plaça sur le bord de l’auge en mica.

Le reptile gagna l’intérieur du récipient vide, en faisant suivre le restant de son corps qui glissait avec lenteur autour de la chair du tzigane.

Bientôt l’animal boucha complètement la rainure de l’arête inférieure avec son corps allongé horizontalement et soutenu par deux minces rebords internes formés par les plaques rectangulaires.

Le Hongrois hissa non sans peine la lourde terrine, dont il versa tout le contenu dans l’auge brusquement pleine à déborder.

Plaçant alors un genou en terre et baissant la tête de côté, il déposa la terrine vide sous la cithare, en un point strictement déterminé par certain coup d’œil dirigé de bas en haut sur le revers de l’instrument.

Ce dernier devoir accompli, Skarioffszky, lestement