Page:Roussin - Une campagne sur les côtes du Japon, 1866.djvu/47

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Ainsi arriva, sans autres événements remarquables, l’année 1858. À cette époque, la cour de Yedo apprit de la bouche des Russes et des Américains que la France et l’Angleterre, réunissant leurs forces, venaient de réduire à l’impuissance le grand empire de Chine et le contraindre à ouvrir ses ports et sa capitale. L’habile diplomate américain, M. Harris, s’empressa d’exploiter l’impression produite par ces nouvelles. Il mit sous les yeux du gouvernement japonais les dangers d’une plus longue résistance à l’esprit de progrès et représenta la France et l’Angleterre comme disposées à venir au Japon à la tête de leurs forces victorieuses, pour lui arracher des concessions dont il n’osait prévoir l’étendue et la rigueur possibles. Alors, parlant de la puissance de son propre pays, il promit que la médiation des États-Unis serait acquise au gouvernement japonais, en cas de difficultés avec les autres nations, si, d’un autre côté, il consentait à assurer aux Américains, une position plus en rapport avec les besoins de leur commerce. Il mit finalement sous ses yeux le projet d’un traité beaucoup plus complet et plus étendu que le premier.

Ces paroles eurent à Yedo l’effet qu’en attendait leur auteur et inspirèrent au gouvernement la crainte de voir se réaliser ce que M. Harris annonçait. Le Mikado fut, paraît-il, consulté sur cette question, qui, touchant aux points les plus graves de