Page:Routhier - Festival des fêtes cardinalices, 1886.djvu/4

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devient un hymne d’adoration et d’amour pour Dieu que par l’intermédiaire de la parole humaine.

De même, mesdames et messieurs, les organisateurs de cette fête incomparable ont voulu que ma parole traduise en quelque sorte en langue vulgaire l’hymne d’allégresse et de filial amour que des artistes d’élite font entendre ce soir en l’honneur de Son Éminence le Cardinal-Archevêque de Quebec. Ils ont voulu que le Canada si brillamment représenté dans cet immense auditoire prît une voix, et mêlât ses accents aux flots d’harmonie qui débordent de cette salle.

Pour l’honneur de mon pays, je voudrais qu’il eût en ce moment pour exprimer ce qu’il ressent une autre voix que la mienne, et je regrette de ne pouvoir être qu’un faible écho des sentiments et des acclamations de tout un peuple.

Mais il est une chose qui suppléera à l’impuissance de ma parole, et qui témoignera mieux de notre respect, de notre affection et de notre dévouement, c’est le spectacle magnifique qui se déroule en ce moment sous mes regards : — Toutes les classes de la société se pressant sous les arcades de cette vaste enceinte pour acclamer leur frère devenu l’un des princes du sang royal de l’Église de Rome — Les plus hauts fonctionnaires de l’État assis côte à côte avec les plus hauts dignitaires de l’Église, et formant la représentation visible d’un idéal qu’on ne rencontre plus assez dans ce monde : l’union harmonieuse des deux souverainetés, la souveraineté religieuse et la souveraineté politique — Enfin, l’éminent et vénéré prélat délégué vers nous par Sa Sainteté, comme un messager de la bonne nouvelle, et rehaussant encore l’éclat de cette démonstration en y associant la plus antique, la plus glorieuse, et la seule immortelle de toutes les royautés !