Page:Rouxel - Les premiers colons de Montréal, 1857.djvu/8

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« Oui, Messieurs, je ne crains pas de l’avancer, Homère et Virgile se seraient estimés heureux d’avoir à chanter la naissance et le berceau de Ville-Marie. Mais un pareil sujet, ils n’en avaient aucune trace dans l’histoire : ils ne pouvaient l’inventer ni même le soupçonner. Le génie de l’homme ne suffit pas pour cela ; la vraie religion de Jésus-Christ, le catholicisme seul, pouvait, je ne dis pas seulement exécuter, mais encore imaginer une colonie, dont chaque citoyen fût un apôtre, un martyr, et un héros !

« En terminant cette faible esquisse de Montréal naissante, une question se présentait naturellement à mon esprit. Quelle est donc la vocation de cette colonie privilégiée ? Une aurore sans nuage est le signe précurseur d’un beau jour ; et Dieu, en veillant avec tant d’amour sur le berceau de Ville-Marie, avait sans doute sur elle de grands desseins !

« Mais cette question, à mesure que je l’approfondissais, s’élargissait devant moi ; et si j’avais entrepris de la développer aujourd’hui, elle m’aurait entraîné bien au-delà des limites que je dois me prescrire. Elle pourra donc servir de matière à une autre lecture sur la Vocation de la Colonie de Montréal, où l’on étudiera les glorieuses destinées de cette ville, couronnée dès son berceau, de la triple auréole de l’héroïsme, du martyre, et de l’apostolat. »

Le public, attentif, a pris acte de cette promesse de M. l’abbé Rouxel, et chacun se promettait d’admirer, à cette seconde partie d’une lecture qui fait appel aux sentiments les plus chers à notre nationalité.



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