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HARRY BERNARD

JUANA, MON AIMÉE[1]




Juana, mon aimée et Nord-Sud auront été, en somme, les deux meilleurs romans canadiens de 1931. Léo-Paul Desrosiers s’est révélé dans Nord-Sud observateur aigu de la vie canadienne, et très habile à ramasser en tableaux fragmentaires ses éléments pittoresques. Harry Bernard, qui avait déjà écrit l’Homme tombé (1924), La Terre vivante (1925), la Maison vide (1926), la Ferme des Pins (1930) sans compter un recueil de nouvelles, la Dame Blanche (1927), s’est dépassé lui-même, sans se perdre assurément, dans Juana, mon aimée. On retrouve dans ce dernier roman tant de qualités d’observation et d’analyse qu’il avait montrées déjà, mais appliquées cette fois avec un art, une mesure, une sincérité d’émotion, qui renouvellent sa manière.

C’est la matière canadienne qui fait le fond substantiel de Juana comme de Nord-Sud. Mais si cette matière est trop délibérément accumulée dans Nord-Sud, elle se répand dans Juana avec une abondance mesurée, à la fois large et sobre, comme dans une fresque où tout est précis et coloré, sans surcharge.

Harry Bernard a placé, dans ce tableau de l’Ouest canadien, une idylle très simple, où se révèle, par surcroît, une exquise délicatesse de pensée et d’émotion. Cette histoire d’amour est racontée avec une candeur, avec une sincérité fraîche, touchante, qui en communique toute l’inquiétude au lecteur.

  1. Juana, mon aimée. Roman, par Harry Bernard. In-12, 216 pages. Éditions Albert Levesque, Montréal, 1931.
    Cette étude ne fait pas partie du groupe des Essais et Nouveaux Essais.