Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/103

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provisions & le couvain sont divisés également ; ce qui n’a jamais lieu dans les ruches à hausses, où la partie inférieure est toujours celle qui contient une plus grande portion de couvain : par conséquent, l’autre en ayant très-peu, ne donne jamais qu’un essaim très-foible. Elles sont aussi très-commodes, lorsque nous voulons partager avec les abeilles les richesses qu’elles ont amassées. La cire ne peut point y contracter une mauvaise qualité, nuisible à ces insecfes, puisqu’on la renouvelle d’une année à l’autre.

En général, la matière qu’il convient d’employer à la construction des ruches, doit être des planches de bois de pin, de sapin, de tilleul, de peuplier, ou de tout autre bois extrêmement léger ; quand on le peut, il faut préférer celui de pin ou de sapin à tout autre : l’odeur résineuse qu’ils répandent, sans nuire aux abeilles, est capable d’éloigner les poux & les punaises, qui sont leurs ennemis. La forme ronde ou quarrée des hausses, n’est pas d’une grande importance ; il est bon que le dessus soit plat, afin d’avoir plus de facilité pour les tailler. Il seroit à souhaiter qu’on pût les construire avec de la paille, parce qu’elle est moins sujette à s’échauffer en été, & en hiver les abeilles y sont plus chaudement que dans un logement fait en planches qui retiennent l’humidité, qui s’évapore avec peine à travers leurs pores. Il faudroit, par conséquent, trouver un enduit qui éloignât les souris & les rats qui les percent si aisément. L’osier, la verne & autres bois lians, sont fort sujets à être vermoulus ; les fausses teignes s’y cachent & y déposent leurs œufs, sans qu’on puisse les appercevoir pour les détruire : on ne doit jamais les employer pour la construction des ruches.


TROISIÈME PARTIE.


CHAPITRE PREMIER.

De la connoissance des Ruches, et de leur transport.


Section première.

À quels signes connoît-on une bonne Ruche ?


La connoissance de la qualité des ruches est non-seulement utile, lorsqu’on veut les vendre ou les acheter, afin de n’être point trompé ; mais plus encore pour juger de l’état des abeilles, & des soins qu’elles exigent. Une bonne ruche doit être fournie d’un peuple jeune, actif & laborieux ; son habitation doit être propre & remplie de provisions. La vue des abeilles décide de leur activité, de leur jeunesse : si elles sortent avec vivacité pour entreprendre leurs voyages ; qu’elles se pressent, au retour, aux portes du domicile pour y entrer ; qu’on remarque leurs ailes bien entières ; c’est une preuve qu’elles sont jeunes & remplies d’ardeur pour travailler. Quand elles sont lentes à prendre leur vol, à rentrer avec la provision qu’elles ont amassée ; que leurs ailes paroissent frangées, déchiquetées, c’est une preuve infaillible de vieillesse, & que les courses, les voyages sont aussi pénibles que fatigans pour leur âge. On ne peut point juger de la population d’une ruche en voyant sortir & rentrer