Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/165

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que tout le reste de l’année, parce qu’alors la reine est pressée de faire sa ponte ; il faut par conséquent lui bâtir des cellules pour loger sa famille, & en même tems il faut construire les magasins pour fermer la récolte qu’on se dispose à faire.

Quelque fort que soit un essaim, on n’est point dispensé des soins & des attentions qui peuvent lui être nécessaire & utiles après son établissement dans une ruche. Si le tems est froid ou pluvieux, dès le premier jour il aura consommé les provisions qu’il avoit apportées : eh ! comment aller à la campagne chercher celles qui lui sont nécessaires dans sa nouvelle habitation, si le mauvais tems ne le permet pas ? non-seulement il sera dans l’impossibilité de continuer ses ouvrages, mais il sera de plus exposé à mourir de faim. Quand le tems n’est pas favorable pour qu’il puisse voyager & rapporter ce qui lui est nécessaire, on doit le nourrir, en lui donnant du miel, jusqu’à ce qu’il puisse en aller chercher dans la campagne. (Voyez la manière de nourrir les abeilles, Section quatrième du sixième Chapitre de cette troisième Partie, pag. 120)

Quand le tems est beau & favorable à la récolte, on est absolument dispensé de donner du miel aux essaims, parce qu’ils trouvent suffisamment dans la campagne les provisions qui leur sont nécessaires, soit pour vivre, soit aussi pour les ouvrages qu’ils font dans leur domicile ; en les nourrissant dans leur ruche sans nécessité, on les entretiendroit dans la paresse & l’oisiveté. La principale attention qu’il faut avoir, c’est de les empêcher eux-mêmes de donner un essaim, qui seroit foible, & ne réussiroit point, parce qu’il n’auroit pas assez de tems pour faire ses provisions, la récolte étant très-avancée & sur le point de finir ; & que d’ailleurs il diminueroit trop considérablement la population de la colonie, qui commence seulement à s’établir. Pour cet effet, on ne lute pas tout de suite sur son support la ruche dans laquelle on a logé un essaim, à moins qu’il ne fasse froid quelques jours après son arrivée ; on la tient, au contraire, élevée de deux ou trois lignes, avec de petites cales qu’on met par-dessous pour la soutenir. S’il fait très-chaud, les abeilles se trouveront très-bien de cet air qu’on leur procurera, & cette précaution les empêchera de donner un essaim qui tourneroit à leur préjudice en les affoiblissant trop. On ne doit point négliger d’avoir cette attention avec les ruches de l’ancien systême, auxquelles, on ne peut point ajouter de hausses.

Trois semaines après avoir reçu un essaim, ou un mois au plus tard, on rend visite à la colonie nouvellement établie : on examine si elle est active, laborieuse, & si la ruche dans laquelle on l’a logée est pleine de gâteaux : quand ils descendent presque sur la table de la ruche, on soulève celles qui sont à l’ancien systême, au moins d’un pouce, en les tenant élevées avec des cales de bois qu’on glisse par-dessous : si elles sont composées de hausses, & qu’il y ait encore de la récolte à faire, on ajoute une hausse par le bas, sans rien prendre des provisions de ces jeunes ouvrières, qui voient avec plaisir qu’on les laisse