Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/211

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ayez attention, lorsqu’il faudra les replanter, d’ouvrir la terre par tranchée, d’enlever les rangs les uns après les autres, & de ne jamais permettre au jardinier d’arracher l’arbre avec force, ni qu’il coupe, sous aucun prétexte, la racine pivotante de la jeune plante. En un mot, elle ne doit perdre ni racines, ni chevelu. Lorsque nous parlerons des racines & des pivots des plantes, nous démontrerons l’importance de leur conservation.

Il est inutile d’insister sur la nécessité de défoncer la terre qui doit servir aux semis, au moins à un pied de profondeur pour les premiers, & à deux pieds pour les seconds. Le grand avantage du premier genre des semis, est la facilité qu’ils donnent de choisir les plants pour garnir la pépinière, & par conséquent pour qu’il n’y ait point de place vuide.

Le troisième genre des semis consiste à planter le noyau dans l’endroit où l’arbre restera à demeure : Il aura l’avantage de n’être point réplanté ni mutilé par la main du jardinier ; mais on aime à jouir promptement, & par conséquent on préfère tirer l’arbre tout formé de la pépinière. Les arbres plantés de noyau, qui ont poussé sur le lieu même, & qui y ont été greffés, durent beaucoup plus long-tems que les autres.

II. Des Greffes. La manière pour les abricotiers en pépinière est à l’écusson, ou œil dormant, ou bien en couronne. La manière de greffer sera détaillée très au long au mot Greffe : en parler ici, ce seroit une répétition. La seule chose à bien retenir, est de ne jamais greffer l’abricotier, que le sujet n’ait au pied un bon pouce de diamètre. Comme la végétation de l’abricotier est très-prompte, très-rapide, si on greffe sur un pied qui n’ait pas encore acquis la grosseur convenable, alors la pousse de la greffe formera un bourrelet monstrueux, qui enveloppera & recouvrira le tronc où la greffe aura été appliquée ; ce pied sera toujours mesquin, maigre, & beaucoup moins gros que le tronc supérieur : lorsque l’arbre aura étendu ses branches, un seul coup de vent suffit pour le faire casser au pied. Un tel arbre est toujours défectueux ; &, dans aucun cas, il ne doit être accepté ni planté. Alors on le renvoie au pépiniériste, ou bien on ne le paie pas. Voilà ce que produit la trop grande précipitation de greffer. Peu importe au pépiniériste, pourvu qu’il ait vendu & livré son arbre à un bourgeois qui le paie bien, & qui ne connoît rien dans cette partie.

III. Des soins que l’abricotier exige dans la pépinière, & de la manière de le replanter. Sarcler souvent, c’est-à-dire, arracher les mauvaises herbes, arroser suivant le besoin, piocheter la surface de la terre de tems en tems, visiter souvent les jeunes pousses, afin de détruire les insectes qui seroient dans le cas de les attaquer & de leur nuire, sont les soins généraux. Si, à la fin de l’année, la pousse a pris de la force, coupez-la à un pouce de terre, le tronc & les racines se fortifieront ; le tronc grossira, & les racines s’alongeront beaucoup plus que si vous les aviez laissés livrés à eux-mêmes. Si, au printems de la seconde année, plusieurs branches s’élancent du tronc,