Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/232

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feu ; on met une compresse fendue, garnie de beurre, sur le cordon que l’on fait passer par la fente, & que l’on replie sur la compresse ; on termine ce petit pansement avec une bande circulaire que l’on serre peu, & l’on attend la chûte du cordon.

L’enfant est enduit d’une espèce de corps gras que l’on détache, en le frotant légérement avec de l’huile : on l’essuie avec un linge sec, & on le lave ensuite avec du vin & de l’eau tièdes ; il faut avoir attention de ménager les yeux & les fontaines.

Lorsque l’on emmaillote l’enfant, il faut bien prendre garde de ne pas lui serrer la poitrine. Combien la société ne nous présente-t-elle pas de victimes infortunées, dont les douleurs & le délabrement de la santé, reconnoissent, pour cause première, l’abus des bandages serrés dans le premier âge de la vie ! Il faut donner à l’enfant quelques cuillerées d’eau sucrée. Si la mère remplit la pénible, mais sublime fonction d’allaitement, il faut le faire teter deux heures après l’accouchement ; ce lait est purgatif, convient à l’enfant pour le faire évacuer : si la mère ne nourrit pas, on fait prendre au nouveau né de l’eau miellée, afin de produire cet effet purgatif nécessaire.

Si la femme ne nourrit pas, il faut, le jour de la fièvre de lait, aider la nature qui pousse à la peau, par le moyen de l’infusion de fleurs de sureau, entretenir cette sueur salutaire, & ne faire jamais usage de topiques : ces moyens ont donné souvent naissance à des maladies de sein très-graves.

Enfin, pour terminer tous ce que nous avons à dire sur cette seconde partie, nous ne saurions trop recommander d’avoir soin, vers le quatrième jour de l’accouchement, d’entretenir la femme dans la propreté ; on évitera, par cette conduite sage, les maladies les plus opiniâtres.

Nous avons tâché de réunir dans cet article, tous les objets qui touchent à la mère & à l’enfant, relativement à l’accouchement qui se fait par les seules forces de la nature ; il ne nous resteroit plus qu’à parler des accouchemens qui exigent les secours des gens de l’art, & des maladies qui suivent l’accouchement. Pour le premier article, nous renvoyons au mot Sage-femme : dans cet article, on détaillera les devoirs de la sage-femme, ainsi que tous les moyens connus pour terminer heureusement tous les accouchemens ; de sorte qu’en rapprochant les deux articles Accouchement & Sage-Femme, on aura tout ce qu’il est possible de savoir sur cette intéressante partie. Nous allons terminer cet article-ci par quelques observations sur les maladies qui surviennent après l’accouchement.

3º. Après l’accouchement.

Les travaux de l’accouchement une fois terminés, on croiroit qu’il ne reste plus à la femme que des plaisirs à goûter ; salaire bien doux & bien mérité, après avoir ressenti des douleurs aussi vives ; mais tout n’est point fini : la nature, contrariée par les préjugés, & par l’ignorance non moins dangereuse, est dérangée de sa marche simple & uniforme, & l’on voit paroître des maladies terribles, qui tantôt portent le désordre jusqu’au siège de