Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/322

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Depuis quelques années la médecine a découvert dans l’aimant une propriété singulière ; celle d’assoupir les douleurs violentes occasionnées par des affections nerveuses, des maux de dents, des migraines, des douleurs rhumatismales, des surdités spasmodiques, des bourdonnemens d’oreille, &c. Peut-être a-t-on attribué trop d’énergie à ce nouveau remède, & a-t-on étendu trop loin les bornes de son empire ; mais il est toujours constant que l’aimant est un bon anti-spasmodique dans quantité de circonstances. On doit l’appliquer avec beaucoup de précaution, proportionner la force de l’aimant aux tempéramens & à l’intensité de la douleur. M. Descemet a remarqué, Gazette de Santé, 1775, N° 30, qu’il agit avec plus de force sur les tempéramens humides & pituiteux, & qu’il est prudent d’appliquer d’abord un aimant foible, & d’augmenter par degré la force & la vertu de ce remède. La façon de l’employer consiste dans la simple application plus ou moins continuée d’un aimant artificiel sur la partie souffrante. M. M.


AIN. (Voyez Pêche)


AIR. S’il est une partie de la physique & de l’histoire naturelle que le cultivateur doive connoître à fond, c’est sans contredit celle de l’air. Son étude ne sera pas pour lui une étude de simple spéculation : sans cesse appliquant ses connoissances & sa théorie à une pratique fructueuse, les succès accompagneront ses efforts.

L’air, soit comme principe, soit comme mixte, a une telle influence sur tous les objets qui nous environnent, qu’il est vrai de dire qu’il n’y a pas un phénomène dans la nature où il ne joue le principal rôle. Sans lui point de vie, point de végétation, point de développement. À peine les animaux en sont-ils privés, qu’ils cessent d’exister. Est-il seulement vicié, le trouble se met dans l’économie animale, le jeu des organes cesse, & la mort ne tarde pas à s’annoncer. Les plantes ne croissent & ne vivent que par lui. Il pénètre & dilate leurs trachées ; il les entretient des parties nutritives qu’il charie sans cesse ; il les conduit à leur perfection : mais le moindre dérangement de sa part, la moindre altération cause des révolutions subites dans le règne végétal : en un mot, rien dans la nature sur quoi l’air n’ait des droits & une action permanente. Quel intérêt n’a donc pas le cultivateur de connoître parfaitement, ou du moins d’étudier cet agent, ce principe universel ? De quelle conséquence n’est-il pas qu’il ait au moins des notions générales de l’aérométrie ? elles doivent être la base de ses raisonnemens, & la règle de ses travaux ?

Nous allons tracer le précis des connoissances les plus nécessaires sur cet objet.


§. I. De la fluidité de l’Air, & de ses effets.
§. II. De la pesanteur de l’Air, & de ses effets dans le jeu des pompes, des ventouses ; de l’action de teter des enfans, & de sa pression dans le règne animal & végétal.
§. III. De l’élasticité de l’Air, & de ses effets.
§. IV. De l’Air, considéré comme partie constitutive des plantes, & nécessaire à leur entretien.