Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/323

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Sect. I. Existe-t-il de l’Air dans les plantes ?
Sect. II. Par quel organe l’Air entre-t-il dans les plantes ?
Sect. III. Dans quel état l’Air entre-t-il dans les plantes, & quel est son effet ?
§. V. De l’Air, considéré comme fixe, & partie constituante des corps.
Sect. I. Des moyens d’obtenir l’Air fixe.
Sect. II. Qualité de l’Air fixe.
Sect. III. Ses qualités médicinales & salutaires.
Sect. IV. Effets de l’Air fixe sur l’économie animale & végétale.
Sect. V. De l’Air déphlogistiqué.
Sect. VI. De l’Air inflammable.
Sect. VII. De l’Air nitreux.

§. I. De la fluidité de l’Air, & de ses effets.

Tout le monde convient actuellement que l’air est un fluide ; que ce fluide est pesant & élastique ; & que c’est par ces trois propriétés qu’il concourt à tous les phénomènes qui frappent nos yeux. Mais quelle est la nature de ce fluide pesant & élastique ? quelles sont ses parties constituantes ? Cet air que nous respirons, dans lequel nous sommes plongés continuellement, est-il un principe simple ou mixte ? La solution des deux premières questions n’est pas encore trouvée ; la chimie & le nouveau systême des fluides aériformes, prétendent la donner ; mais jusqu’à ce que la vérité se soit montrée dans tout son jour, & que de nombreuses & sures expériences aient appuyé cette théorie, il est de la sagesse de ne pas prononcer. L’air, considéré comme principe, & comme principe constituant de la plupart des corps, est une substance légère, fluide, transparente, capable de compression, de dilatation, en un mot, de ressort ; on le retrouve partout, dans tous les corps organiques & inorganiques. Sa diaphanéité naturelle le rend invisible ; ses effets seuls annoncent sa présence. Quoiqu’il soit difficile de le séparer de l’atmosphère dont il forme la partie principale, des corps des trois règnes avec lesquels il est intimement combiné, cependant, pour bien connoître ses propriétés, nous allons le considérer, abstraction faite de toutes les substances étrangères qui lui sont unies. Il est important de bien connoître l’air comme fluide pesant & élastique, pour bien juger ce que c’est que l’atmosphère, comment elle influe sur l’agriculture & sur l’économie animale.

L’air élémentaire, ou l’air proprement dit, est fluide, c’est-à-dire que ses molécules, extrêmement mobiles, se séparent les unes des autres avec la plus grande facilité. De là le peu de résistance qu’il oppose au mouvement & au transport des corps qui sont renfermés dans son sein ; de là la propagation aisée des sons, des odeurs & des émanations qui s’échappent continuellement de toutes les substances ; de là enfin la pression égale qu’il exerce sur les corps dans toutes sortes de directions, & avec la même force, en haut & en bas, latéralement & obliquement. Rien ne peut altérer la fluidité de l’air : sage prévoyance de l’auteur de la nature ! tous les êtres lui doivent leur développement & leur vie. Si quelque cause pouvoit la diminuer & la fixer, dès cet instant, végétaux & animaux, tout périroit. L’air est une espèce de moule où toutes les