Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/372

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totale d’un pied, non compris le bombement de la calotte, qui est environ de deux pouces. Dans quelques pays, sa forme imite plus celle d’une poire renversée, voyez n°. 19 ; il est sans gouttière intérieurement comme extérieurement ; son bec ou sa queue E, & n°. 8, a vingt-six pouces de longueur, trois pouces & demi à quatre pouces de diamètre près du chapiteau, quatorze à quinze lignes à son extrémité, c’est à-dire, dans l’endroit où ce bec se réunit avec le serpentin, n°. 9, renfermé dans le tonneau ou pipe F. La pente de ce bec est d’environ huit pouces sur toute sa longueur : il est cloué à la tête du chapiteau, & il est soudé avec lui par un mélange d’étain & de zinc : cette composition s’appelle la charge du chapiteau.

Il y a un vice radical dans la construction de ce bec, qui s’oppose singuliérement à la rapidité de la distillation : il faudroit que son diamètre égalât presque celui du chapiteau, qu’il diminuât insensiblement jusqu’à la réunion avec le serpentin, & que le diamètre de l’intérieur du serpentin fût plus considérable, & proportionné à celui du bec ; enfin, que la diminution fût progressive, au moins jusqu’au commencement du quatrième tour du serpentin. Nous dirons tous les motifs de ce changement lorsque nous parlerons de la distillation.

3º. Du serpentin, n°. 9. Il est représenté ici hors de son tonneau ou pipe F ; il est formé de cinq cercles inclinés les uns sur les autres, suivant une pente uniforme distribuée dans toute la hauteur, qui est de trois pieds & demi. Le bec E & n°. 8 du chapiteau, s’insinue exactement à la profondeur de quatre pouces dans l’ouverture, n°. 19, du serpentin : cet instrument est construit de feuilles de cuivre battu, soudées ensemble avec une soudure forte : on observe de diminuer proportionnellement l’ouverture des tuyaux, d’environ deux lignes à chaque révolution, de manière que l’ouverture inférieure soit à peu près moitié plus petite que la supérieure. La prolongation du serpentin, ou plutôt sa spirale, est maintenue par trois montans assez minces, n°. 20 : ces montans sont en fer battu, armés d’anneaux par où passent les révolutions du serpentin ; ils les fixent & leur servent de support dans cette partie. L’extrémité inférieure du serpentin sort à la base de la pipe F, dans l’endroit marqué H, & n°. 10 : là il rencontre un petit entonnoir, dont la queue est plongée dans le bassiot K, & n°. 11 : ce vaisseau sert à recevoir l’eau-de-vie qui coule par le serpentin.

Dans certaines provinces, le serpentin & la pipe ont beaucoup plus de hauteur, & partout il est trop étroit à son orifice & dans sa dégradation. Le tonneau ou pipe sert à recevoir & contenir l’eau qui doit rafraîchir le serpentin pendant la distillation. Nous reviendrons sur cet article au Chapitre troisième.

Toutes les pièces qui concourent à la formation complette de l’alambic, se vendent au poids, & le prix, à peu près général, est de 40 à 45 f. la livre, le cuivre tout ouvré. On est trompé par les ouvriers, lorsque l’on n’est pas au fait ; ils vendent toutes les parties avec leurs agrès ; ils pèsent le chapiteau avec sa charge, le serpentin avec les montans, &c.