Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/413

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sèches, depuis huit grains jusqu’à deux drachmes en infusion dans cinq onces d’eau. Quelques auteurs ont regardé la racine comme un purgatif hydragogue très-fort ; mais le plus grand nombre lui attribue les mêmes qualités qu’aux fleurs & aux feuilles. Dans le doute, il vaut mieux ne pas en faire usage jusqu’à ce que l’expérience ait prononcé plus définitivement.

Cette plante est aussi utile pour les animaux que pour l’homme ; il importe peu de choisir les fleurs : la décoction des fleurs, des feuilles & des tiges leur suffit. Dans toutes leurs maladies inflammatoires, elle est très-utile, sur-tout en unissant sa décoction avec l’eau blanche, ou bien en y ajoutant un peu de sel de nitre, par exemple, la pesanteur d’un liard sur une ou deux pintes de décoction. On peut encore substituer au nitre le vinaigre, jusqu’à ce que la boisson ait une agréable acidité. Son usage en cataplasme est très-fréquent. En général toute la famille des mauves jouit des mêmes propriétés ; la seule différence est dans le plus ou dans le moins d’activité.


ALCHEMILLA. (Voyez Pied-de-lion)


ALÉNOIS. (Voyez Cresson alénois)


ALEXANDRIN. (Voyez Laurier)


ALEXIPHARMAQUES. On donne ce nom à des médicamens qui s’opposent à l’action pernicieuse des poisons, & qui en arrêtent les effets dangereux : ils sont aussi connus sous le nom d’alexitères. Voyez l’article Poison, où leur vertu & la manière de les administrer sont expliquées, suivant la nature du poison.

On donne encore le nom d’alexipharmaques à des médicamens que l’on administre dans les fièvres de mauvais caractère, connues sous la dénomination de fièvres malignes. Le public est dans l’erreur sur les vertus de ces remèdes relativement à cette maladie ; & c’est ce que nous démontrerons dans l’article Fièvre maligne. ( M. B.)


ALEXITÈRES. Mot, pour ainsi dire, synonyme avec le précédent. Les remèdes alexipharmaques ou alexitères, agissent en augmentant & en réveillant l’action des solides & des fluides ; ils rendent le cours du sang plus libre, agacent les fibres, leur rendent leur élasticité, en même tems qu’ils divisent & atténuent les fluides : la circulation se fait alors beaucoup mieux, la chaleur naturelle augmente, la pâleur du visage se dissipe, les membres prennent de la vigueur, & les fonctions du corps se rétablissent. Leur action est prompte, & par conséquent de peu de durée.

On associe les substances alexitères aux purgatives, aux vomitives, lorsqu’il y a indication d’évacuer & de soutenir en même tems les forces affoiblies du malade. On les joint quelquefois aux sudorifiques pour que leur action se soutienne plus long-tems. On voit par ce simple énoncé, que les alexitères ne conviennent point lorsque le sang est trop raréfié, quoique les forces soient abattues. On ne peut donc