Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/509

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jauni, & s’y étoit desséchée avant la maturité parfaite du grain. Nous avons remarqué sur-tout, que les plantes y avoient totalement péri en 1773. N’y auroit-il pas lieu de croire, en se prêtant pour un moment à l’idée que je viens de présenter, que si le blé de ce n° 6 a d’abord réussi, s’il n’a pas eu le même succès l’année suivante, & si enfin il a péri la troisième année, c’est que le mélange du sablon & de l’argile est devenu plus complet avec le tems par le secours des pluies, par le remuement des terres composées de chaque pot, que j’ai fait au mois d’Octobre 1771 & 1772, avant que d’y semer le grain ? Quelle que soit la cause qui a fait périr le blé dans les pots n°. 6 & 8, quoique le grain y eût d’abord germé en Octobre, & que les plantes s’y fussent ensuite développées, il est certain que des vingt-quatre pots principaux dont j’ai à donner le produit pendant trois ans, il n’y a eu que les deux dont je viens de parler, où les plantes soient mortes en 1773 ; & cependant, à la nature près du mélange, tout a été parfaitement égal dans la manière dont les expériences ont été faites à l’égard de ces vingt-quatre pots. »

» VIIe. expérience. Il est d’usage, dans bien des pays, d’employer la marne pour rendre les terres plus fertiles, & de renouveler cet engrais au bout d’un certain nombre d’années. J’ai eu pour objet dans cette septième expérience d’examiner d’abord si une terre naturelle avec laquelle on mêle une certaine quantité de marne, est plus favorable à la végétation, que les terres composées que je pourrois employer ; & d’observer ensuite s’il y avoit une grande différence entre le produit d’une terre naturelle à laquelle on n’ajouteroit aucun engrais, & celui de la même terre à laquelle on joindroit la marne. La quantité de marne qu’on met par arpent n’est pas absolument fixe ; le laboureur la détermine sur son opinion, & en arbitrant que la partie de ses terres qu’il juge la plus froide, est celle qui en exige le plus. J’ai mêlé pour la septième expérience dont il s’agit, sept huitièmes de terre avec un huitième de marne. La végétation a été assez belle dans cette expérience pendant trois années consécutives, mais elle l’a été moins que dans les terres composées dont j’ai déjà parlé : les touffes de blé étaient plus vigoureuses & mieux fournies dans celles-ci que dans la terre marnée ; & cette différence étoit sensible au simple coup d’œil qui se portoit en même tems chaque année sur les produits distincts de ces expériences. »

» VIIIe. expérience. J’ai déjà dit que la sixième expérience quadroit avec celle-ci : le mélange des terres étoit le même pour l’une & pour l’autre, & les produits ont été à peu près pareils chaque année ; dans la dernière sur-tout, les plantes du n°. 6 & du n°. 8 ont péri également. »

» IXe. expérience. J’ai employé dans celle-ci la terre labourable ordinaire, en y mêlant de la marne & du fumier. Les laboureurs sont persuadés que la marne seule produit à la vérité un bon effet, mais qu’il ne faut pas se borner à cet engrais pour rendre les terres fertiles, & qu’il est nécessaire d’y ajouter du fumier. J’ai donc joint à six hui-