Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/575

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l’extrémité supérieure, renflé dans son milieu, & étroit à sa base. Sur chaque côté de la fleur, on voit deux pétales que l’on nomme aile, dont un est figuré en E. Ils accompagnent la carenne F ou pétale inférieur ; le nom de carenne lui a été donné à cause de sa ressemblance à celle d’un vaisseau. Les parties sexuelles, au nombre de dix, réunies G en faisceau à leur base par une pellicule membraneuse ; deux autres étamines ne tiennent à cette membrane que par leur partie la plus inférieure, & semblent presque en être détachées, & elles sont plus courtes que les dix autres. Ces étamines entourent le pistil représenté séparément en I.

Fruit. Le fruit est un légume court, d’environ un pouce de longueur, représenté ouvert en K, composé de deux cosses qui, fermées, composent la gousse dans laquelle les graines L sont contenues & attachées sur la suture de la gousse par un cordon ombilical.

Feuilles. Les feuilles sont ailées, terminées par une impaire, portées par un pétiole long & cylindrique ; chaque foliole est entière, ovale, terminée en pointe.

Racine A, ligneuse, fibreuse & son écorce jaunâtre.

Port. La tige s’élève à la hauteur de deux à trois pieds au plus. Les fleurs naissent en épi le long des rameaux & des aisselles des feuilles, & ils ont à leur base deux petites membranes.

Lieu. Il est originaire de l’Indostan, d’où il a été transporté au Mexique, de-là aux Antilles ; & beaucoup plus tard, dans la Caroline méridionale.

Propriétés. Les feuilles réduites en poudre sont réputées céphaliques ; en décoction, ou simplement écrasées, elles passent pour vulnéraires & utiles pour déterger les plaies & les ulcères.

M. Élie Monnereau, habitant du Cap, a publié, en 1775, un ouvrage intitulé : Le parfait indigotier ; & M. de Beauvais de Raseau fit imprimer, en 1770, l’Art de l’indigotier, inséré dans la Collection des arts, publiée par l’académie royale des sciences de Paris. C’est d’après eux que l’on va parler. Je remarquerai auparavant que j’ai cultivé cette espèce d’arbrisseau ; qu’en le semant de bonne heure sur couche, il lève facilement, fleurit, & fait sa graine avant l’hiver ; que cette graine, si la saison est chaude, acquiert une bonne maturité. Si cette plante cultivée à Lyon, il est vrai dans des pots, a bien réussi, pourquoi n’essayeroit-on pas sa culture en grand dans la Basse-Provence, dans le Bas-Languedoc, & sur-tout en Corse, où la position géographique des lieux offre de si beaux abris, & on a vu au mot Agriculture, page 282, les effets de ces abris ? Si on objecte que les couches seront un objet de dépense, je demanderai si l’anil ou l’indigo n’est pas aussi précieux que l’aubergine, à laquelle on ne refuse pas un pareil secours ? J’invite donc ceux qui liront cet Ouvrage, & qui sont propriétaires de terrains bien abrités, d’essayer en petit cette culture. Si elle réussit, ils l’étendront de plus en plus. Burchard, dans sa Description de l’île de Malthe, publiée en 1660, parle d’une fabrique d’indigo dans l’île de Malthe.

On connoît trois espèces d’indigo,