Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/667

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mains ; l’inférieure sert de point d’appui, & de la droite elles plient peu à peu l’arçon ; enfin, en glissant les mains l’une après l’autre, & parvenant ainsi jusqu’à l’extrémité de l’arçon, elles lui donnent la forme nécessaire ; alors des trois derniers doigts de la main gauche, elles tiennent l’extrémité de l’arçon fixée contre le cep, & des deux autres doigts de cette main, le bout de l’osier : enfin, avec la main droite, elles tortillent l’osier contre le cep pour assujettir cette partie du sarment d’une manière solide & durable.

Si le cep est fort vigoureux & pourvu de bon bois, on lui laisse, outre cet arçon, une garde ou engarde, ou alonge. C’est encore un sarment qui donnera du fruit ; alors on le tire en ligne parallèle, & on fixe son extrémité sur l’échalas voisin. Comme les échalas (voyez ce mot) forment des trépieds, parce qu’ils sont assujettis ensemble par leur extrémité supérieure, cette garde considérée avec le sommet, forme le triangle dont elle est la base. Il est constant que cette manière d’opérer assure une forte récolte. Le propriétaire qui aimera ses vignes, la permettra rarement ; mais le paysan qui prend des vignes à ferme, multiplie les gardes, ne pense qu’aux années pendant lesquelles il doit jouir ; & c’est un moyen des plus efficaces pour ruiner une vigne. (Voyez ce mot)


ARDEUR D’URINE, (Voyez Urine)


AREAU. Espèce de charrue dont on se sert dans l’Angoumois. (Voyez le mot Charrue)


ARÉOMÈTRE, ou Pèse-liqueur. Cet instrument, destiné à connoître la pesanteur spécifique des différens fluides, fut inventé, dit-on, par Hypacie, fille d’un célèbre mathématicien nommé Théon. Cette physicienne porta cet instrument presqu’à son point de perfection par la forme qu’elle lui donna ; car malgré tous les efforts que plusieurs savans ont fait pour lui trouver une forme & des proportions plus exactes, on est obligé d’en revenir à celles imaginées par Hypacie. En effet, elle convient jusqu’à présent le plus à l’objet qu’on se propose dans le service de l’aréomètre. Nous n’entrerons donc pas ici dans aucun détail sur les aréomètres inventés par MM. Homberg, Muschembroeck, Farenheit, Desaguillers, & Ratz de Lanthénée. Ils ne sont pas d’usage, & l’aréomètre commun, perfectionné par MM. Baume & Perica, est le seul dont le service soit simple & facile. (Voyez Pl. 19, Fig. 11.)

Il est composé d’une boule de verre soufflée, d’un pouce ou environ de diamètre. À son extrémité inférieure est une plus petite boule, ou plutôt un petit vase de verre conique qui n’est séparé de la grosse boule que par un petit col. La grosse boule est surmontée par un tube de verre d’une ou de deux lignes de diamètre, & de cinq à six pouces de longueur. Le petit vase conique contient une certaine quantité de mercure qui sert de lest à l’instrument, afin qu’il puisse se tenir dans une situation exactement perpendiculaire lorsqu’il est plongé dans un fluide. Le tube est garni intérieurement d’une bande de pa-