Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/702

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simple, très-droite ; les fleurs naissent des aisselles des feuilles, & sont plusieurs rassemblées.

Lieu. Très-commune dans les provinces méridionales du royaume, où elle fleurit en Mai & Juin ; elle est vivace par ses racines, & perd sa tige toutes les années. On connoît plusieurs autres aristoloches dont on se sert en médecine : telles sont la longue, la ronde & la petite.

L’aristoloche ronde fleurit en Avril & en Mai. Elle diffère de la première, 1º. par ses feuilles qui sont rondes, & sont portées par de très-courts pétioles ; 2º. par sa tige foible, ordinairement articulée, tortueuse & presque rampante ; 3º. enfin, par ses fleurs qui naissent isolées.

L’aristoloche longue diffère des deux autres par ses feuilles en forme de cœur, très-entières, légérement obtuses, & soutenues par de longs pétioles.

L’aristoloche petite, ou de Boétie, a ses feuilles terminées en pointe & en forme de cœur ; sa racine est longue & ténue ; ses tiges serpentantes, quelquefois rameuses, grimpent sur les plantes & sur les arbres voisins.

L’aristoloche clématite est âcre, amère, aromatique, détersive, vulnéraire, emménagogue, foible émétique. La racine échauffe, cause des nausées & souvent le vomissement. Elle est indiquée dans les espèces de maladies soporeuses, causées par des humeurs séreuses. On l’emploie extérieurement pour les ulcères putrides & sanieux. On prescrit la racine sèche & réduite en petits morceaux, depuis quinze grains jusqu’à deux drachmes en infusion dans six onces d’eau. Pour les animaux, la dose est de demi-once en décoction ; non dans la vue de procurer le vomissement au cheval, puisqu’il lui est impossible de vomir. On leur donne également les feuilles & les sommités en infusion.

L’aristoloche ronde ; son odeur est forte, aromatique, nauséabonde, d’une saveur très-amère & âcre. La racine l’emporte sur toutes les autres espèces d’aristoloches, lorsqu’il faut ranimer les forces vitales & musculaires, & dans l’espèce des maladies soporeuses produites par des humeurs séreuses & pituiteuses. Elle irrite plus que les autres l’estomac, & échauffe beaucoup plus. La racine est spécialement emménagogue, céphalique, apéritive, résolutive & très-détersive. La racine, pulvérisée & tamisée, se donne à l’homme, depuis six grains jusqu’à une drachme, incorporée avec un sirop, ou délayée dans trois onces d’eau. La dose de la racine, réduite en petits morceaux & en macération dans six onces d’eau au bain-marie, est depuis quinze grains jusqu’à trois drachmes, & à la dose d’une once pour les animaux.

L’aristoloche longue fleurit en Avril & Mai ; elle peut suppléer la précédente. Sa racine échauffe, altère, constipe, réveille puissamment les forces vitales, n’augmente pas d’une manière bien décidée le cours des urines & la transpiration insensible. Elle est indiquée dans les mêmes cas que l’aristoloche ronde ; mais plus particulièrement dans les pâles couleurs, dans la suppression du flux menstruel par l’impression trop vive des corps froids, dans l’asthme