Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/716

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tement & le rapprochement de ces pieds élèvent ou abaissent l’instrument à volonté : quand il est fixé à la hauteur propre, on serre alors les trois vis, ce qui assujettit les pieds dans une situation fixe. L’opération étant faite, on resserre ces trois pieds les uns contre les autres, ce qui n’en forme plus qu’un. On doit préférer ce support à tous les autres, & pour sa commodité & pour sa solidité. Il peut être adapté facilement à tous les instrumens dont l’arpenteur se sert.

Continuons-en la description.

41. La boussole, Fig. 22, est un instrument composé d’une aiguille aimantée NS, portée sur un pivot ; elle tourne librement au milieu d’un limbe circulaire divisé en 360 degrés. Aux extrémités du diamètre NS, sont deux pinnules PQ, par lesquelles on peut fixer les objets. La boussole ne peut servir avec quelque exactitude qu’à orienter les différentes positions par rapport aux quatre points cardinaux du monde : aussi l’a-t-on réunie avec la planchette A, Fig. 24.

42. L’équerre de l’arpenteur, Fig. 23, est un cercle de cuivre d’une bonne épaisseur, & de quatre, cinq ou six pouces de diamètre. On le divise en quatre parties égales par deux lignes qui s’entrecoupent au centre à angles droits. Aux quatre extrémités de ces lignes & au milieu du limbe, on met quatre fortes pinnules bien perpendiculairement fendues sur ces lignes, avec des trous au dessous de chaque fente pour mieux découvrir les objets en campagne. On évide ce cercle pour le rendre plus léger. Il est monté ordinairement sur le pied que nous avons décrit, Fig. 20. Pour s’assurer de la justesse des pinnules, il faut regarder deux objets éloignés & opposés, successivement avec les différentes pinnules. S’ils se rencontrent bien exactement dans l’alignement des fentes, c’est une preuve de la justesse de l’instrument.

43. La planchette, Fig. 24, est un parallélogramme de bois dur, bien sec & bien uni, long d’environ quinze pouces & large de douze, garni de quatre règles BCDE, les trois premières en buis & la dernière en cuivre. On peut se contenter de faire graver sur la planchette même les degrés que portent ces quatre règles. La règle E au point E, est le centre des degrés d’un demi-cercle, qui sont tracés sur les trois règles BCD. Sur ces trois règles sont donc inscrits ces degrés, & immédiatement au dessous est une seconde division intérieure qui exprime le complément des degrés supérieurs à 360 degrés, afin de n’être pas obligé de faire la soustraction. Sur la règle de cuivre E sont gravés 200 ou plus de degrés ou parties égales qui représentent des pieds ou des toises. Le bord de cette division se nomme ligne de conduite. Ces quatre règles peuvent servir de châssis, Fig. 25, s’ouvrant & se fermant sur la planchette par le moyen de deux petits gonds. Quand on veut s’en servir, on passe une feuille de papier sous le châssis, qui la retient étendue, fixe, & pour ainsi dire collée sur la planchette, de sorte que l’on peut tirer exactement dessus toutes les lignes dont on a besoin. Si la planchette n’a point de châssis, on attache la feuille de papier avec un peu