Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/73

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conséquent un rucher à trois étages doit avoir dix pieds d’élévation, depuis le sol jusqu’à la toiture prise sur le devant, parce que le premier étage doit commencer à un pied du sol. Ces étages aussi peu dispendieux que le rucher, ne sont autre chose que des planches qu’on cloue sur des piquets enfoncés dans la terre, & sur lesquelles on place les ruches.


CHAPITRE II.

De l’exposition et de la position du Rucher.


Section première.

Exposition à éviter dans la construction d’un Rucher.


Tous les endroits ne sont point également favorables aux abeilles : leur prospérité & leur travail dépendent beaucoup de l’exposition où leur habitation est située. Dans la construction d’un rucher, il faut donc éviter celles qui peuvent leur être nuisibles. Par l’exposition du rucher, on entend son emplacement relativement au soleil & aux vents. Quoiqu’on ne soit pas toujours libre de choisir celle qu’il conviendroit de lui donner, il faut absolument éviter celle du nord, parce qu’elle est très-funeste aux abeilles, à cause des vents froids qui leur sont nuisibles, & qui retardent le couvain, ou le font mourir. L’exposition du levant, meilleure, il est vrai, que celle du nord, n’est point encore celle qui convient : ceux qui la conseillent, comme étant favorable aux abeilles, prétendent que ce premier soleil les rend plus vigilantes & plus promptes à l’ouvrage. Excitées par cette douce chaleur que répandent les rayons d’un soleil naissant, elles sortent plutôt de leurs ruches, mais c’est pour s’amuser & folâtrer devant les portes de leur domicile, & non point dans la vue de prendre leur essor pour aller dans la campagne ; elles ne font qu’entrer, sortir, jusqu’au moment de leurs voyages, & l’instant de leur départ n’est pas plus accéléré que si elles étoient à une autre exposition.

Dans la belle saison, il peut être fort avantageux aux abeilles de recevoir les premiers rayons du soleil levant, dont la chaleur les ranime, & peut-être les excite à partir pour la campagne un peu plutôt qu’elles ne feroient dans une autre exposition ; mais à la fin de l’hiver, au commencement du printems, cette première chaleur peut leur être très-nuisible : déterminées à sortir par l’impression qu’elles en auront ressentie, & qui les aura dégourdies, elles risqueront imprudemment un voyage ; elles seront surprises par des vents ou des pluies froides, qui succéderont à cette apparence de beau tems qui les avoit engagées à sortir : les variations sont très-communes dans nos climats au commencement du printems. Si les abeilles ne résistent pas dans la campagne, victimes de leur imprudence, & qu’elles aient assez de courage pour arriver ; battues des vents, de la pluie, pendant leur voyage, elles n’auront plus la force d’entrer dans leur domicile, & elles resteront dehors, exposées au mauvais tems qui les fera mourir. Wildman préfère