Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/118

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santes, droites, cannelées, branchues ; les fleurs en grand nombre le long des tiges ; les feuilles alternes.

Lieu ; au bord des vignes, dans les provinces méridionales de France. Elle fleurit en Août & Septembre.

Propriétés. Plante âcre, amère au goût, d’une odeur forte, mais agréable, approchant de celle du citron ; ce qui l’a fait nommer citronelle. Elle est tonique, stomachique, vermifuge, carminative, détersive, résolutive, très-répercussive. Les feuilles favorisent l’effet des terres absorbantes sur les humeurs acides contenues dans les premières voies ; elles font mourir les vers ascarides, lombricaux, & quelquefois les cucurbitains renfermés dans l’estomac ou dans les intestins ; souvent elles fatiguent les enfans & leur donnent des coliques ; extérieurement & intérieurement, elles sont nuisibles dans la rache ; extérieurement, elles sont quelquefois utiles dans la gangrène humide.

Usage. On emploie toute la plante dont on tire une huile par infusion & par décoction, on en fait aussi des vins médicinaux. Les feuilles sèches, se donnent depuis demi-drachme jusqu’à une once, en infusion dans six onces d’eau.

Culture. Il faut se hâter de recueillir la graine aussi-tôt après sa maturité, parce qu’elle se détache aisément de la tige, & le mieux est de ne pas différer à semer ; la graine se dessèche aisément ; elle n’exige aucun soin plus particulier que celui des plantes ordinaires ; une terre douce, légère & substantielle suffit.

Dès qu’on est parvenu à en avoir un pied un peu fort, s’il ne pousse pas de nouvelles tiges de ses racines, il suffira de le couper après l’hiver à un pouce au-dessus de terre ; bientôt paroîtront de nouvelles tiges, & à mesure qu’elles s’eleveront, on chargera le pied de terre en écartant les tiges. Ces tiges pousseront des racines, & l’année suivante on aura presque autant de pieds à lever, à séparer du tronc, qu’il y aura de tiges. Ce sous-arbrisseau supporte la tonte au ciseau ; sa verdure est agréable, & il figure bien dans les bosquets d’hiver.


AUVENT, ou qui pare le vent & qui en garantit ; ces mots sont synonymes. Ce qu’on appelle auvent, dit M. l’abbé Roger de Schabol dans son Dictionnaire du Jardinage, est totalement inconnu des jardiniers. Il n’y a qu’à Montreuil & les endroits où la méthode de Montreuil est pratiquée, qu’on connoît les auvents. Ce sont des inventions ingénieuses dont les habitans de ce lieu se sont avisés pour conserver leurs arbres.

Ils ont des tablettes au lieu de larmiers, à leurs murs. On appelle larmier la petite avance qui fait saillie au bas du chaperon ; mais à Montreuil, c’est une tablette de cinq à six pouces de large ; de plus, ils ont de trois en trois pieds ou environ, de forts échalas, ou d’autres bois scellés dans leurs chaperons, & incorporés dans ces tablettes. Ces bois scellés de la sorte, ont un pied & demi de saillie ; là-dessus, ils mettent, au printems, des paillassons, à plat, de la même grandeur que ces bois, ainsi scellés dans les murs. Ceux qui sont en état de faire de la dépense, ont des potenceaux de fer au lieu d’écha-