Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/482

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qui n’est point travaillé ; leurs intestins, leurs pores, ceux par lesquels la séve se communique à ces fibres, leurs parois semblent ainsi pratiqués dans toute la longueur des diamètres. Elles se tordent aisément, & la plupart obéissent jusqu’à plier en forme de spirale sans casser. Quand on les rompt, elles éclatent & laissent des esquilles inégales à chacune des parties séparées.

Branches à fruit ; à cause qu’elles ont des boutons fructueux. Elles ont des marques distinctives, savoir des rides ou des espèces d’anneaux à leur empâtement. La configuration de celles-ci est bien éloignée des premières. Ces branches ont des fibres courtes & transversales, elles sont criblées de trous semblables à ceux d’un de à coudre. Quantité de petits vaisseaux, dont quelques-uns sont presqu’imperceptibles ; des valvulves, des particules de séve amassées çà & là, dont le tissu est plus serré ; des sinus, des petites cavités, dont les orifices paroissent imiter ceux d’une éponge, sont répandus dans toute la capacité de ces sortes de branches. On y trouve plusieurs cellules, dans lesquelles est contenu le suc nutritif, plus épais, plus gluant que la séve renfermée dans l’intérieur des branches à bois seulement. En tirant avec une épingle du fond de ces loges, des particules de ce suc, & les considérant dans le microscope, elles paroissent comme de la bouillie, de la couleur & de la consistance de la glaire d’un œuf : les branches à fruit ou brindilles, au lieu de plier & de se rompre par éclat, se cassent net comme le verre ou comme le fer aigre.

Branches de faux bois. Ainsi appelées parce qu’elles percent à travers l’écorce, & non d’un œil ou bouton. (Voyez ces mots) celles-ci ont le même caractère que les branches à bois.

Branches gourmandes ou gourmands. Ainsi nommées en raison de ce qu’elles prennent toute la nourriture, & causent la disette de leurs voisines. Personne encore, excepté les gens de Montreuil, n’a connu l’usage, les propriétés & les avantages qu’on peut en tirer. Les arbres venus naturellement, & sur lesquels la fatale serpette du jardinier vulgaire n’a exercé aucun empire, sont dépourvus de gourmands. Lorssque, dans un jardin, on voit un arbre chargé de ces branches voraces, on peut dire sans balancer que la personne chargée de les tailler n’y entend rien ; ils sont communs sur l’arbre taillé trop court, ou trop déchargé, ou enfin parce qu’il est trop vigoureux, mais ce cas n’est pas ordinaire.

On distingue trois fortes de gourmands ; les naturels, qui naissent immédiatement de la greffe & des branches ; les sauvageons qui poussent au-dessus de la greffe & du tronc même ; & les demi-gourmands, également produits de ces parties de l’arbre. On pourroit y ajouter une quatrième sorte appelée gourmand artificiel, que le jardinier industrieux fait pousser à tout arbre pour le renouveler lorsqu’il commence à s’user, & pour le remplir quand il est dégarni à quelque endroit.

Voici les principaux indices pour connoître les branches gourmandes. 1°. Leur position ; la plupart poussent