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Cours d’agriculture (Rozier)/BOUTON

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 430-443).


BOUTON. Ce mot exige d’être considéré sous deux principales acceptions. La première est relative à l’arbre & aux plantes ; la seconde, aux maladies cutanées, & à un instrument dont se servent les maréchaux.


Bouton. C’est un petit corps arrondi, un peu alongé, & quelquefois terminé en pointe, que l’on remarque le long de la tige & des branches des arbres & des arbrisseaux vivaces.

Tableau du mot Bouton végétal.

Section première.

I. Du Bouton considéré en général.
II. Sa position, son insertion & ses formes.
III. Son accroissement & son développement.
IV. Anatomie du Bouton en général, écailles, duvet, feuilles caduques, feuilles stables.
IV. Distinction du Bouton à bois & du Bouton à fruit.

Section II.

Du Bouton à bois.

Section III.

Du Bouton à fleur ou à fruit.

I. Du bouton considéré en général. Germes de la réproduction du feuillage, du bois & du fruit, les boutons sont, comme les semences, destinés par la nature à multiplier & perpétuer les espèces. Leur fonction est si importante, que les anciens les ont regardés comme la partie la plus précieuse ; & le nom de gemmæ qu’ils leur ont donné, annonce assez quel prix ils leur attachoient. Si la graine mérite tant d’attention, si l’observateur exact y reconnoît les élémens de la plante future, & est étonné des merveilles que lui offre la nature dans un si petit espace, quelle sera son admiration, lorsqu’il considérera l’appareil & le soin qu’elle apporte dans l’arrangement de toutes les parties qui composent le bouton ? Rien n’est négligé, tout est prodigué, écailles, feuilles sur feuilles, duvet, gomme, suc visqueux, & tout cela pour envelopper le germe qui vit au milieu du bouton, le défendre, & le garantir des intempéries des saisons. Un petit être, une plante en miniature, garnie de ses feuilles, de ses fleurs, ornées elles-mêmes d’étamines & de pistil, dont la base repose sur un ou plusieurs germes ; voilà ce que le microscope fait appercevoir au centre du bouton ; mais, avant que d’entrer dans ces détails intéressans, & de pénétrer dans le sanctuaire de la nature, considérons auparavant la position des boutons, leurs différentes formes, & leur accroissement.

II. Position, insertion & forme du bouton. Rarement, ou pour mieux dire, jamais la nature n’agit sans des vues directes d’une sagesse admirable. On la reconnoît par-tout, & la position des boutons décèle cette sagesse, que l’on retrouve à chaque instant, & qui annonce celui qui a tout fait & tout disposé. Le bouton, au moment de sa naissance & jusqu’à son entier développement, a sans cesse besoin d’être protégé, nourri & défendu : les feuilles sont chargées de ce soin ; & pour être plus à même de le remplir, elles semblent s’écarter un peu de la tige qui les porte, & enfler leur base pour embrasser le bouton qui naît toujours au point d’insertion de leur pétiole. Ainsi la position des boutons sur les tiges, est toujours relative à celle des feuilles. En général, on remarque, d’après M. Bonnet de Genève, cinq espèces de dispositions relatives des feuilles sur les branches. (Voyez Feuilles) On devroit donc admettre, avec ce savant & M. Duhamel, cinq classes de dispositions relatives des boutons, si dans la cinquième classe les boutons se trouvoient placés à côté des feuilles ; mais dans la classe des feuilles placées en spirales redoublées, qui renferme le pin & le sapin, les boutons se trouvent à l’extrémité des branches, & non pas dans l’insertion des feuilles. Nous en ferons donc une classe particulière, désignée par de nouveaux caractères.

La première classe contient les boutons alternes, ou placés alternativement les uns au-dessus des autres, sur deux lignes parallèles aux branches qui les portent, tels que le coudrier, le châtaignier, le tilleul, &c. &c. (Fig. 13, Planche du mot Bulbe) M. Bonnet compte neuf espèces d’arbres qui portent ainsi leurs boutons ; le coudrier, le châtaignier, le lierre, le néflier, l’orme, la grenadille, le tilleul & la vigne.

La seconde classe renferme les boutons à paires croisées ou opposées. Ils sont placés par paires vis-à-vis l’un de l’autre, de façon que ceux d’une paire croisent à angles droits, ceux de la paire supérieure ou inférieure, comme le frêne, (Fig. 14) le buis, le jasmin, l’olivier, le marronnier, &c. &c. M. Bonnet a trouvé cet arrangement sur dix-sept espèces ; savoir, le buis, le chèvre-feuille, la citronnelle, la clématite, l’érable, le troëne, le frêne, le fusain, le jasmin, le laurier-thym, le lilas, le marronnier, l’olivier, le plane, le romarin, l’aubier & le sureau.

Dans la troisième classe sont renfermés les boutons verticillés, ou qui forment des espèces d’anneaux autour des branches, comme le genevrier, le grenadier, &c. &c. (Fig. 15) Il faut cependant remarquer que sur presque toutes les jeunes branches de cet arbuste, les boutons sont seulement opposés. Quatre espèces d’arbustes seulement ont ainsi leurs boutons ; le genevrier, le grenadier, le laurier-rose & le myrte.

Dans la quatrième classe les boutons sont rangés en quinconce, ou plutôt, forment une spirale très-allongée, & qui monte en tournoyant autour de la branche. (Fig. 16) Dans presque tous les arbres fruitiers, les boutons sont ainsi disposés. En un mot, M. Bonnet a remarqué cet ordre dans trente-trois espèces ; l’abricotier, l’acacia, l’althea, l’amandier, l’aubépine, le cerisier, le citronnier, le coignassier, le chêne, l’églantier, l’épine-vinette, le figuier, le framboisier, le giroflier, le groseillier, le houx, l’if, le laurier-cerise, le laurier à dard, le merisier, le mûrier, le noyer, l’oranger, l’osier, le pêcher, le peuplier, le poirier, le pommier, le prunier, la ronce, le rosier, le tremble & le saule.

Enfin, dans la cinquième classe sont rangés les boutons des arbres dont les feuilles sont en spirales redoublées ; & comme ces arbres ne portent point leurs boutons dans l’aisselle de leurs feuilles, mais seulement au bout des branches, le caractère propre de cette classe sera d’avoir les boutons à l’extrémité de la branche, sans que la branche en porte ailleurs : car presque toutes les branches sont terminées par un bouton ; mais aussi toutes, exceptées celles du pin & du sapin, (Fig. 17) en sont plus ou moins pourvues sur leur longueur.

Non-seulement les boutons varient par rapport à leur disposition relative, mais encore par rapport à la manière dont ils sont implantés dans la branche : tantôt ils s’écartent tellement de la branche qui les porte, qu’ils s’implantent presque perpendiculairement sur elle, tels sont ceux du lilas (Fig. 18) ; tantôt ils sont collés dans toute leur longueur sur la branche, comme dans le cornouiller (Fig. 19) ; quelquefois on remarque sur le même arbre, à la même branche, ces deux dispositions ; le fusain a les boutons de l’extrémité des branches collés comme le cornouiller, tandis que les boutons d’en bas en sont très-écartés. (Fig. 20)

La forme de chaque bouton ne varie pas moins ; les uns sont anguleux, courts & ronds, comme ceux de l’extrémité des branches du noyer (Fig. 21) ; d’autres sont longs & pointus, comme ceux du charme (Fig. 22) ; il y en a de velus, le viorme ; il y en a de lisses & d’unis, le cerisier, & de résineux, le tacamahaca ; le chêne a ses boutons très-petits, tandis que ceux du marronnier d’inde sont très-gros, &c. &c. &c.

On peut voir quelle grande variété règne dans cette production végétale ; cependant, la même espèce conserve toujours ses mêmes boutons, soit pour leur disposition relative, soit pour leur insertion, soit pour leur forme & leur figure ; rarement remarque-t-on des exceptions. On doit donc inférer de-là que la connoissance de cette partie de la botanique, est non-seulement intéressante, mais encore nécessaire à quiconque se livre à la culture des arbres. Comme les boutons s’annoncent une année d’avance, qu’ils croissent insensiblement en automne, & que dans l’hiver ils ont acquis une forme distincte & qui est propre à chaque espèce, cette connoissance des différentes formes, pourra être d’un très-grand secours pour distinguer les diverses espèces d’arbres dans une saison où ils sont dépourvu des fleurs & de fruits, & même, pour le plus grand nombre, dépouillés de leurs feuilles.

III. Accroissement & développement du bouton. Le bouton ne se forme pas tout d’un coup, la nature le prépare de très-loin, & pour parler plus exactement, elle y travaille sans cesse ; cette mère attentive veille continuellement à la nourriture & à l’accroissement de ce germe précieux. Dans le printems, quelque tems après que les feuilles se sont développées, on apperçoit à leur aisselle un point imperceptible, qui, examiné même au microscope, n’offre rien de confus. Les feuilles, (comme nous le démontrerons à ce mot) sont l’organe principal de la nourriture de la plante, & sur-tout de l’embryon qu’elles renferment à leur base. Ce sont elles qui sont chargées immédiatement du double soin de le protéger & de le nourrir. Cela est si vrai, que dans le courant de l’été, & avant que le bouton ait acquis une certaine vigueur, & que semblable à l’animal adulte, il puisse se passer de sa mère, on arrache la feuille dont le pétiole le recouvre, le bouton ne fait plus que languir, rarement réussit-il, presque toujours il dépérit & meurt.

À mesure que la saison avance, le bouton croît & grossit, les écailles ou enveloppes s’étendent ; & la séve, s’établissant un cours fixe vers la nouvelle production, les lames intérieures de l’écorce se prolongent pour former toutes les parties extérieures du bouton, tandis que les rudimens du germe qui doit devenir ou bois, ou fleur, prennent naissance. Tout se travaille à la fois ; la base qui doit supporter le bouton, ce petit bourrelet que l’on remarque à son insertion sert à préparer & à élaborer les sucs que la séve y dépose, & qui doivent servir à la nourriture de l’embryon après la chûte de la feuille, sa mère-nourrice. C’est un réservoir où la nature tient alors en dépôt les provisions nécessaires.

Le bouton tient à la tige, non-seulement par ses enveloppes extérieures, mais encore par une espèce de racine qui pénètre à travers les fibres mêmes de la branche. Ce petit cordon ombilical est l’organe direct par lequel il tire sa nourriture de la branche & du tronc ; il est même assez sensible dans l’hiver & à l’entrée du printems. Rompez alors un bouton, vous remarquez à sa base l’orifice d’un petit canal médullaire, ou pour mieux dire, un paquet de fibrilles qui forment un faisceau absolument analogue à une racine.

La séve ascendante, apportée par la tige, est communiquée par ce cordon ombilical dont nous venons de parler ; la séve descendante fournie de loin par les feuilles, médiatement par les enveloppes qui sont les prolongations des couches corticales, & de près, & immédiatement par la feuille mère-nourrice, poussent en avant le bouton, & développent toutes ses parties ; il acquiert de l’accroissement en longueur & en largeur. Toutes les circonstances qui concourent à l’accroissement végétal, influent nécessairement sur celui du bouton ; & si tous les boutons d’une même branche ne se développent pas à la fois, cela dépend de leur position sur leur jet. Cette observation est due à M. Bonnet de Genève. C’est à la différence de chaleur qu’il faut attribuer ce phénomène, car en considérant au printems des jets de plusieurs espèces d’arbres & d’arbustes, situés parallèlement à l’horizon, il a observé que les boutons de ces jets s’épanouissoient d’une manière fort inégale, quoique régulière. Les boutons placés à l’extrémité du jet, ainsi que ceux qui étoient situés sur son côté supérieur, étoient plus développés que ceux qui étoient placés vers l’origine du jet & sur son côté inférieur. Si l’on donne à ces jets une position contraire, on parviendra par-là à hâter le développement des boutons les moins avancés. Il est encore certain qu’il sort plus de boutons sur le côté d’une plante exposée au soleil, que sur celui qui n’est jamais favorisé des regards de cet astre. Nous croyons, avec le savant observateur que nous avons cité, que cette remarque peut devenir utile à la pratique du jardinage.

IV. Anatomie du bouton en général. Après avoir tracé la naissance & l’accroissement du bouton, pénétrons dans son intérieur, détaillons-le pièce par pièce, jusqu’à ce que nous soyons parvenus au germe ; à chaque pas nous trouverons l’occasion d’admirer la nature, & d’être étonné du merveilleux appareil qu’elle prépare à la jeune branche, & qui l’accompagne jusqu’à son entier développement.

Les premières parties qui s’offrent à la vue sont des feuilles épaisses, dures, lisses à l’extérieur, ou plutôt des écailles creusées en cueilleron, qui se recouvrent les unes les autres. Elles sont si serrées entr’elles qu’il est impossible à l’eau de pénétrer à travers. Dans certains sujets, on en distingue facilement plusieurs rangs ; les extérieures ont toujours une couleur de brun foncé, quelquefois de rouge ; les intérieures sont plus minces, plus tendres, plus succulentes, & presque toujours d’un verd assez doux. On en voit sans appendice au sommet, d’autres avec un seul appendice, comme dans le pommier précoce, le prunier ; avec plusieurs, comme dans l’abricotier, &c. &c. Les unes & les autres sont garnies en dedans de poils qui forment comme une espèce d’ouate. Ces poils sont d’une substance si délicate, qu’ils sont transparens, vus au microscope. Non-seulement on les remarque sur les bords de ces écailles, mais ils tapissent encore l’intérieur, & plusieurs espèces en portent à l’extérieur. Il faut bien distinguer ici ces poils adhérens aux écailles, des touffes de poils que l’on retrouve dans l’intérieur du bouton de certains arbres.

Les écailles de nature herbacée semblent être une simple prolongation de la substance corticale ; elles ne servent, pour ainsi dire, qu’à emmailloter le tendre bourgeon ; car dès qu’il a acquis assez de force pour se passer de leur secours, elles se détachent de la tige & tombent. La plupart de ces écailles sont pourvues de mamelons & de glandes, à travers lesquels suinte une liqueur visqueuse & gluante, qui les fait adhérer très-intimement les unes contre les autres, & qui empêche l’eau de pénétrer dans leur intervalle.

Immédiatement après les écailles, l’on remarque des filets très-minces, de différentes figures ; dans certains arbres, ce sont de vraies feuilles passagères, que l’on peut comparer aux cotyledons, ou feuilles séminales, & qui comme elles servent à épurer la séve ou la nourriture que le germe renfermé dans le bouton tire de la tige ; elles meurent & tombent comme elles dès que leur service est inutile. Dans d’autres arbres, ce sont des paquets de filets plus ou moins épais, qui enveloppent immédiatement le germe. Ces feuilles sont donc bien distinctes des feuilles véritables, & comme elles périssent durant le développement total du bouton, Malpighi a eu raison de les nommer caduques, folia caduca, tandis qu’il a désigné les autres sous celui de stables, folia stabilia. La forme de ces feuilles caduques varie non-seulement dans les divers sujets, mais souvent encore sur le même pied & dans le même bouton. Elles ont la forme d’une mitre dans le figuier, dans le mûrier & le châtaignier ; elles sont concaves, oblongues, obtuses au sommet ; dans le coudrier, elles sont pareillement concaves, mais larges & surchargées d’utricules ; dans le chêne, elles sont longues & d’une forme très-agréable ; d’autres enfin, telles que celles de la violette & de la mauve, sont découpées & dentelées. Quelquefois ces feuilles caduques adhèrent à la véritable feuille ; quelquefois aussi elles sont implantées au-dessous d’elle. Nous verrons leur développement à l’article des boutons à bois.

Arrêtons nous ici un instant pour admirer la sage prévoyance de la nature. Si l’embryon étoit recouvert immédiatement par les écailles, il arriveroit souvent qu’il lui seroit impossible de se développer par la résistance que lui opposeroient les écailles adhérentes les unes contre les autres, en raison du suc gluant dont nous avons parlé. En grossissant, il seroit nécessairement gêné & mis à l’étroit par cette enveloppe, qui se durcit à mesure que la saison avance ; il ne pourroit gagner en hauteur sans être déchiré par le tranchant de l’extrémité des écailles. Qu’a fait la nature pour parer à ces inconvéniens ? Elle a, pour ainsi dire, rembourré l’espace entre les écailles & le germe, de feuillets herbacés, mollasses, ou de filets & de poils susceptibles d’être comprimés, & de céder aux efforts continuels du germe qui se développe en les serrant de plus en plus les uns contre les autres. À mesure qu’il croît, les feuillets & les poils l’accompagnent dans sa route, jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour se débarrasser tout à la fois & d’eux & des écailles.

Ce qui n’est qu’une espèce de duvet dans quelques arbres, se trouve être des poils d’une certaine longueur dans d’autres ; dans la vigne sur-tout, ils sont crépus ; & partant des feuilles de la tige, ils enveloppent le reste du bouton. Dans quelques plantes, le pas d’âne, par exemple, ils sont si épais & tellement mêlés, qu’ils forment une espèce de feutre ou de couverture, qui emmaillotte l’embryon comme un enfant dans son berceau.

Tous les arbres n’ont pas leurs boutons aussi garnis. En général ceux des pays chauds sont, pour ainsi dire, habillés à la légère ; & dans ceux qui ne redoutent pas le froid, on ne trouve ni écailles, ni duvet ; de petites feuilles extérieures faites en forme de coquilles roulées les unes sur les autres, servent seules à garantir l’embryon qui occupe le milieu ; tels sont les lilas, les rosiers, les noisetiers.

Grew, dans son analyse du bouton, distingue dans le bourgeon six parties différentes ; les feuilles, les sur-feuilles, les entre-feuilles, les tiges des feuilles, les chaperons, & les petits manteaux ou voiles. Les quatre premières appartiennent aux feuilles, & nous en traiterons à ce mot ; les autres sont les petites écailles les plus intérieures, qui quelquefois approchent de la figure d’une feuille ronde.

Après avoir examiné les écailles, les feuillets & les poils, on arrive enfin aux feuilles recouvrant le germe qui devient, ou une branche, ou les organes de la réproduction, c’est-à-dire, une fleur ; mais ils n’y sont, pour ainsi dire, qu’en miniature, qu’en ébauche ; on peut cependant les appercevoir dès l’automne, sur-tout lorsque cette saison a été assez chaude. Durant l’hiver, où toute végétation paroît suspendue extérieurement, la nature ne l’est pas ; toujours animée, elle ne ralentit pas un instant les opérations, & c’est justement dans ce tems apparent de langueur & d’inertie, qu’elle travaille, pour ainsi dire, en cachette à la formation des différentes parties des fleurs qui doivent s’épanouir & se féconder au printems. (Voyez le mot Fleur)

V. Distinction du bouton à bois & du bouton à fruit. On distingue deux espèces de boutons, l’un qui ne doit donner naissance qu’à une branche, & que l’on nomme pour cette raison, bouton à bois (Fig. 23) ; il ne contient qu’une tige ligneuse surmontée de plusieurs feuilles enroulées & diversement repliées, le tout enveloppé d’écailles : l’autre, qui renferme les rudimens d’une ou de plusieurs fleurs concentrées & repliées sur elles-mêmes, est appelle bouton à fleur ou à fruit (Fig. 24). Dans plusieurs espèces d’arbres, le bouton est en même tems à fleur & à feuilles ; assez ordinairement leur forme extérieure sert à les faire distinguer ; les boutons à fleur sont communément plus gros & plus arrondis que les boutons à feuilles, qui sont presque toujours assez pointus. Au reste, les yeux bien exercés & habitués à voir, valent mieux que tous les préceptes que nous pourrions donner. Les boutons des arbres stériles ont à peu près les mêmes caractères distinctifs que ceux des arbres fruitiers, à l’exception de ceux qui n’ont ni bourre, ni écailles, & qui ne sont recouverts que par des feuilles repliées. Les boutons des arbres de simple ornement sont ordinairement fort petits, & il n’est pas facile de distinguer ceux qui produiront des feuilles ou des fleurs. Dans la vigne, au contraire, ils sont tous gros & saillans, mais il n’en est pas moins difficile de connoître ceux qui ne doivent donner que du bois, d’avec les autres.

Les plantes annuelles n’ont point de boutons ; celles qui ne sont vivaces que par leur racine, n’en portent point sur leur tige, mais seulement sur leur racine ; & dans le nombre de celles qui conservent leurs tiges durant l’hiver, quelques-unes en sont dépourvues, telles que la rue, le bec de grue, &c. & parmi les arbustes, la bourdene, l’alaterne, &c. mais toutes les autres plantes vivaces, & en général les arbres & arbrisseaux, sont garnis de boutons.

Les cayeux & les oignons sont de vrais boutons, comme l’a remarqué Grew : nous le ferons voir à l’article Bulbe. (Voyez ce mot)

Section II.

Du bouton à bois.

Le bouton à bois qui est chargé de la réproduction des branches, porte dans son sein le germe d’une tige ; c’est un petit arbre enté sur celui qui le produit, & qui est absolument composé des mêmes parties : pour être convaincu de cette vérité, il suffit de faire exactement l’anatomie d’un bouton à bois. Comme il y a peu de variété entre eux, on comprendra facilement l’organisation de tous par un seul. Suivons, avec M. Duhamel, l’anatomie d’un bouton à bois du marronnier d’inde, il est naturellement très-gros, & offre même à la vue simple les parties dont il est composé. Nous ne ferons qu’y ajouter les observations que nous avons faites en particulier.

La figure 25 représente l’extrémité d’une jeune branche de marronnier d’inde, terminée par un bouton. On y remarque les écailles ou enveloppes A, qui se recouvrent mutuellement les unes les autres ; c’est à travers les interstices de leur réunion, que découle ce suc épais & visqueux qui suinte de leurs pores : au-dessous est la marque BD de l’insertion de l’ancienne feuille de l’année précédente ; elle est triangulaire & porte sept points noirs qui indiquent les fibres ligneuses qui se distribuoient de la tige à cette feuille. Si l’on coupe ce bouton & la branche qui le supporte suivant leur longueur, on verra facilement comment toutes les parties sont arrangées réciproquement. (Fig. 26) On distingue d’abord au centre la moelle ABC ; elle est blanche depuis A jusqu’en B ; mais depuis B jusqu’en C, elle est verte. En DD, on retrouve une substance ligneuse, ou le bois proprement dit, qui paroît recouvrir la moelle en C, mais qui cependant laisse passer quelque production médullaire jusqu’en E, le germe de la branche. Le tout est recouvert de l’écorce HHFF, qui donne naissance aux enveloppes écailleuses du bouton GG. Ces enveloppes deviennent d’autant plus minces, qu’elles se rapprochent plus du centre. Après ces enveloppes, on apperçoit le duvet épais HHH, qui garnit l’intervalle entre les écailles & le germe ; enfin, au centre est ce germe E, composé de plusieurs feuilles artistement repliées sur elles-mêmes, & les unes dans les autres. Chacun de leurs piés est garni de duvet, au point qu’il est très-difficile de les séparer & de les développer pour les examiner. Lorsque le bouton s’ouvre, ce duvet accompagne ces feuilles durant quelque tems.

D’après le développement du bouton du marronnier d’inde, on peut aisément deviner l’organisation de ceux des autres arbres ; & en y joignant celui du pêcher, pour les arbres à fruit, on n’aura presque rien à desirer. Nous en aurons encore l’obligation à M. Duhamel, cet excellent & infatigable observateur. C’est dans le mois de Février, tems où les boutons de cet arbre commencent à pousser vigoureusement, qu’il en examina un bouton. Après en avoir enlevé toutes les enveloppes écailleuses figurées en cueilleron, il apperçut plusieurs filets étroits de couleur verte, rangés en spirale. Après avoir détaché quelques-uns de ces filets, il les observa au microscope, qui lui fit appercevoir qu’ils étoient dentelés par les bords & hérissés de poils. Il croit aussi les avoir apperçus pliés en deux, (& il ne se trompe pas ; car non-seulement ils m’ont paru tels, mais je suis venu à bout de les développer.) Il détacha ensuite tous ces filets, pour pouvoir examiner avec le microscope, un petit corps qu’il voyoit au centre. Il parut composé de deux petites feuilles pliées & dentelées par les bords & non garnies de poils. Il remarqua que ces petites feuilles étoient tout à fait au centre, & qu’elles paroissoient sortir de la moelle. La petitesse des parties qui composent le bouton, a empêché M. Duhamel de pousser ses observations plus loin. J’ai fait de nouveaux efforts, & j’ai essayé de développer le bouton bien au-delà du travail de cet illustre physicien ; j’ai réussi en partie, mais je n’ai jamais rencontré que ces mêmes petites feuilles qui se recouvroient toujours, & qui à la fin devenoient si petites, qu’elles échappoient au microscope.

La description du bouton du pin est trop intéressante pour que nous la passions sous silence, & nous l’emprunterons au baron de Tschoudi.

Les boutons des pins sont constamment placés au bout de la branche, comme nous l’avons fait remarquer ; celui qui la termine est robuste & fort long ; il est environné circulairement & régulièrement de boutons moins considérables, qui sont entremêlés de plus petits. Tous sont couverts d’une enveloppe membraneuse semblable à une gaine. Qu’on ouvre cette gaine, on apperçoit d’abord le bourgeon herbacé qu’elle renferme ; elle est composée de plusieurs pièces cylindriques ajustées les unes dans les autres ; ainsi elles se prêtent à l’alongement du bourgeon qui en demeure couvert jusqu’à ce qu’il ait environ deux pouces de longueur : alors il s’échappe par le bout de la gaine qui reste ensuite longtems fixée autour de la partie inférieure. Dès ce moment ses progrès sont d’une étonnante rapidité ; lorsqu’il a fait sa crue en longueur seulement, il commence à grossir d’une manière sensible : à cette époque, ses feuilles courtes & tendres, qui jusques-là étoient restées collées contre le bourgeon, se confondent, se développent & s’étendent. Long-tems auparavant on a pu remarquer, au bout de cette tendre branche, l’assortiment de boutons qui la termine, & où la symétrie & le nombre de celles qui doivent éclorre l’année suivante sont déjà déterminés.

À mesure que le bouton croît, toutes ces parties se développent ; les écailles s’écartent & s’inclinent à l’horizon, les feuillets & les poils s’étendent, les vraies feuilles, les stables se déroulent, les caduques les accompagnent quelque tems, la petite tige ligneuse renfermée au centre du bouton, croît, prend de la consistance & s’élève à travers toutes ces enveloppes. En écartant enfin tous ces obstacles, la nouvelle branche paroît chargée de feuilles ; & le but de la nature étant rempli, tout ce qui n’étoit qu’accessoire tombe.

Ce seroit sans doute ici le lieu de donner le détail du roulement des feuilles dans le bouton, de leur croissance & de la variation de forme que la plupart subissent tant qu’elles y sont renfermées ; mais ces détails nous mèneroient trop loin, & nous les renvoyons au mot Feuille.

Avant que de passer au bouton à fleur, ne négligeons pas de remarquer l’analogie qui se trouve entre le bouton à bois & la graine : l’un & l’autre renferment la plante en petit, en racourci ; mais ce qui doit les faire aussi distinguer, c’est que le bouton à bois n’a pas de vraies racines, & qu’il ne renferme pas, par conséquent, la radicule, comme la graine, mais simplement la plumule.

Section III.

Des boutons à fleur.

La seconde espèce de boutons que l’on remarque sur les branches est celle des boutons à fleur, ou qui renferment tous les organes de la reproduction, c’est-à-dire les pistils & les étamines. Dans les arbres qui ne sont pas hermaphrodites, on remarque & des boutons qui ne contiennent que les étamines, & des boutons qui ne produisent que des pistils. Les uns & les autres sont garnis extérieurement d’écailles creusées en cueilleron, plus ou moins rondes, plus ou moins dures & épaisses, comme les boutons à bois ; mais le lieu de leur insertion n’est pas le même que celui de ces derniers. Dans quantité d’espèces d’arbres, les boutons qui fournissent les fleurs & les fruits sont situés à l’extrémité des petites branches particulières qui ne s’étendent jamais beaucoup, qui sont fort garnies de feuilles, & qui contiennent plus de tissu cellulaire que les branches à bois (Fig. 27) ; aux pêchers & à quantité d’arbres de la même famille, les boutons à fleur sont posés sur les mêmes branches que ceux à bois ; de sorte qu’on voit quelquefois un bouton à fleur à côté d’un bouton à bois, souvent aussi deux boutons à fleur sont aux deux côtés d’un bouton à bois, ou bien on voit un bouton à fleur entre deux boutons à bois ; de sorte que les boutons à fleur qui ne sont point accompagnés de boutons à bois, tombent ordinairement sans produire de fruit. Ils ont besoin d’une abondante nourriture, ou d’une élaboration plus parfaite des sucs nourrissans ; & selon toutes les apparences, dans les arbres de cette espèce ce double emploi appartient peut-être immédiatement au bouton à bois, par rapport au bouton à fruit.

Les boutons à fleur sont ordinairement trois ans à se former, suivant la remarque de l’abbé Schabol ; ils portent la première année trois feuilles, une de grandeur naturelle, une moyenne & une plus petite ; la seconde ils paroissent avec quatre ou cinq feuilles, dont deux ou trois de grandeur ordinaire, une moyenne & une petite ; la troisième année, ayant grossi considérablement, ils présentent un grouppe de feuilles placées à différens étages ; il y en a sept, huit ou neuf, dont les deux tiers sont de grandeur naturelle, & les autres moyennes ou petites. C’est alors que le bouton commence à se développer.

À la base du bouton, on remarque toujours de petits plis & replis, & des espèces de rides qui se multiplient à mesure que la branche fructueuse s’alonge : leur destination est sans doute de filtrer, travailler & élaborer la séve, comme les bourrelets des greffes & des boutures. Ils offrent encore les traces des feuilles qu’ils ont portées.

Par rapport aux boutons à fleur, nous ferons comme pour les boutons à bois, & nous en prendrons l’anatomie dans l’ouvrage de M. Duhamel. En effet, dans quelle meilleure source pourrions-nous puiser ? Il a donné celles du mézéréon, du pêcher & du poirier ; comme cette dernière est plus détaillée & plus circonstanciée, nous la choisirons de préférence, elle suffira pour raisonner par analogie des autres boutons à fleur.

Ce Savant examina dans le mois de Janvier les boutons à fruit d’un poirier vigoureux ; ils étoient renflés & terminés par une pointe fort obtuse. La Fig. 27 représente un de ces boutons ; A écailles ou enveloppes écailleuses, B rides, C stigmates, ou trace de la feuille de l’année précédente. Ces boutons sont composés de 25 à 30 écailles creusées en cueilleron ; elles protègent, par cette forte enveloppe, ses jeunes fleurs contre les injures de l’hiver. Les extérieures sont dures, fermes, brunes, peu velues en dehors ; mais au fond de chaque cueilleron, on apperçoit un toupet de poils jaunes qui réfléchissent une couleur dorée quand on les regarde dans un certain sens. Les écailles ou feuillets intérieurs sont plus grands, verdâtres par le bas, recouverts en dehors d’un duvet très-fin, & en dedans garnis de poils de même couleur que ceux des écailles extérieures. Sous ces feuillets, il s’en trouve d’autres plus petits & plus minces, velus & d’un verd blanchâtre.

Quand on a détruit toutes ces enveloppes, on apperçoit les embryons des fleurs, au nombre de huit ou dix (Fig. 28) ; ils sont grouppés sur une queue commune d’environ une demi-ligne de longueur, & ils y sont attachés par de petites queues particulières fort courtes en premier lieu, mais qui s’alongent plus ou moins par la suite, selon les différentes espèces de poires. Entre les embryons de ces fleurs, qui sont alors presque sphériques, on distingue plusieurs petites feuilles velues, fort minces, de différentes formes, (Fig. 29) & d’un vert pâle. Elles remplissent tous les vides, & probablement, elles ne contribuent pas peu à garantir les jeunes fleurs des injures de l’hiver.

Les embryons examinés au microscope ressembloient extérieurement à un bouton de rose (Fig. 30) ; d’autres ouverts au foyer même de la lentille, parurent (Fig. 31) tous chargés de poils, & on appercevoit dans l’intérieur plusieurs étamines, dont les sommets étoient encore blancs. On ne pouvoit distinguer s’ils étoient formés de la réunion de deux corps en forme d’olive ; (voyez Anthère) les pétales n’étoient guère apparens, & les pistils échappaient à l’œil ; il est vrai qu’il étoit aisé de les confondre avec les pédicules de certaines étamines, qui étoient privés de leurs sommets.

Des embryons observés dans le mois de Mars étoient considérablement grossis, & laissoient appercevoir des embryons mieux formés ; (Fig. 32) les sommets des étamines étoient rouges, les pétales s’appercevoient clairement, & on commençoit à découvrir les pistils.

Enfin, vers la fin de Mars, M. Duhamel reconnut assez distinctement à la base du pistil, à l’endroit de l’ovaire, le fruit & les jeunes pepins rassemblés deux à deux.

Nous voyons donc par cette progression, que pendant tout l’hiver le bouton avoit cru & acquis du développement ; il est vrai qu’il faut la chaleur du printems pour l’accomplir entièrement. Le progrès a été insensible dans les années précédentes, & même au dernier hiver ; mais à peine les rayons du soleil ont-ils échauffé l’air & ranimé la nature, que tout se développe avec cette vigueur qui fait le caractère de la jeunesse. Les écailles se renversent, les feuilles se déroulent & laissent appercevoir les pétales colorés & nuancés de mille manières, qui recouvrent encore les étamines & les pistils ; enfin le moment de la fécondation arrive, les pétales s’ouvrent, & la fleur est dans toute sa beauté.

Plus les parties qui la composent sont délicates, plus aussi la nature apporte de soin pour les défendre ; aussi les boutons à fleur sont-ils toujours beaucoup plus garnis d’enveloppes que les boutons à bois, les écailles sont plus fermes, les duvets sont plus épais. C’est en-vain que les frimats des hivers déploient leurs rigueurs, la pluie ne peut pas les pénétrer, & ces organes si délicats sont à l’abri des gelées les plus violentes. Les troncs se fendent, tandis que les boutons à fruit, & même à bois résistent & se conservent. Nous verrons aux mots Froid, Gelée, la cause d’un phénomène aussi singulier.

De ces considérations générales, passons à quelques particulières. Si on examine une branche, un bourgeon, le bouton qui se montre à l’extrémité est plus gros que les autres, & c’est par lui que ce bourgeon devient arbre par ses jets successifs. Les baguettes supérieures, les droites ont également à leur extrémité un gros bouton à bois, mais moins gros que celui de la tige principale & perpendiculaire au tronc : il en est ainsi pour tous les rameaux, & à mesure qu’il s’éloigne du sommet de la branche, la grosseur du premier bouton diminue proportionnellement.

Si on arrête, ou si on coupe, ou si on pince, (ces mots sont presque synonymes) le bourgeon par son sommet, ou à différentes hauteurs, le calus se forme, les boutons inférieurs grossissent, & huit ou quinze jours après, le bouton le plus voisin de l’endroit coupé, s’élance & forme un bourgeon. Quelques-uns de ces boutons à bois tendent à devenir boutons à fruit ; d’autres poussent des branches chiffonnes ; le cours de la séve est altéré & dérangé, & plusieurs pincemens consécutifs changent l’arbre en broussailles ; ils forcent souvent les boutons à percer l’écorce & à naître sans feuilles nourrices. Tout pincement en général est pernicieux, & il devient bien plus funeste, si on l’exécute dans le tems de la grande affluence de la séve. Il en est de cette opération, comme d’un médicament donné à contre-sens pendant que la nature prépare la crise d’une maladie. M. M.

Si lorsque le bourgeon ou la branche secondaire n’a point encore éprouvé le mouvement de la séve, on continue d’examiner les boutons, on verra que les plus inférieurs donneront des branches fortes & vigoureuses, sur-tout lorsqu’on a diminué par la taille, la branche, & qu’on ne lui a laissé, par exemple, que la moitié de sa longueur. Le diamètre des canaux séveux reçoit la même quantité de substance nutritive qu’auparavant, & cette substance affluant en plus grande masse dans les boutons qu’auparavant, à cause de la soustraction des supérieurs, les premiers qui se rencontrent sur son passage sont plus nourris, ont plus d’activité & poussent plus rapidement.

À côté des boutons, on en voit souvent d’autres qui les avoisinent & qui les touchent. La nature a ménagé ceux-ci dans la crainte de la perte du bouton principal, & pour le suppléer. L’oranger, le mûrier, &c. sont dans ce cas ; mais si ces boutons secondaires viennent à pousser, ainsi que le bouton du milieu, voilà l’origine de la plus grande partie de ces branches chiffonnes, qui affament & épuisent un arbre.

Bouton, Médecine, Voyez Cutanées. (maladies)

Bouton de feu, ou cautère actuel. Instrument de fer, recourbé par le bout, arrondi en manière de bouton pointu. Après l’avoir fait rougir au feu, les maréchaux l’appliquent sur les boutons de farcin, quelquefois pour détourner des humeurs ; & les chirurgiens en font également usage pour brûler les os, consumer les exostoses, les caries, &c.