Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/528

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plus tard que les autres, signe non équivoque d’une forte végétation. Comme tout le terrain étoit planté de ces arbres, ce que les jardiniers appelleroient difformité avoit un air naturel, champêtre, qui me plut bien plus que l’ordre symétrique. D’après ce fait, je conseille à ceux qui ne savent pas tailler les arbres, de suivre l’exemple que je viens de citer.

Quant à ce qui concerne les autres parties de la taille, les soins qu’on doit donner aux boutons, aux branches à bois ou à fruit, voyez le mot Pêcher.


Buisson ardent. M. Tournefort le place dans la neuvième section de la vingt-unième classe, qui comprend les arbres à fleur en rose, dont le calice devient un fruit à noyau, & il l’appelle mespilus aculeata amygdali folio. M. von Linné le nomme mespilus pyracantha, & le place dans l’icosandrie pentagynie.

Fleur, en rose, composée de cinq pétales obronds, concaves, insérés sur un calice d’une seule pièce, épais & obtus, qui supporte environ vingt étamines & un pistil.

Fruit ; baie ronde, marquée d’un ombilic, couronnée par les dentelures du calice, renfermant cinq petits noyaux durs & de forme irrégulière.

Feuilles, vertes, portées par des pétioles, simples, lisses, en forme de lance, ovales, crénelées, imitant celles de l’amandier.

Racine, ligneuse, rameuse.

Port. Arbrisseau presque toujours vert, l’écorce brune, des tiges très-épineuses ; les rameaux opposés, les fleurs disposées en longues grappes, d’un beau rouge, qui, lors de leur maturité, font paroître l’arbrisseau tout en feu, d’où il prend le nom de buisson ardent ; les feuilles sont alternativement placées.

Lieu, l’Italie, la Provence, dans les haies, cultivé dans les jardins. Cet arbrisseau est plus recherché pour l’agrément qu’à cause de ses propriétés médicinales ; cependant on lui attribue les mêmes qu’à l’aubépin ; (voyez ce mot) il produit un très-bel effet dans les bosquets d’automne. On s’en sert avantageusement pour garnir des murs.

On le multiplie de semences, par marcottes & par boutures. La reprise de ces dernières est moins assurée ; si on sème les baies dès qu’elles sont mûres, on peut espérer qu’elles lèveront au printems suivant, & quelquefois seulement à la seconde année. Elles exigent une terre légère, mêlée de terreau. La graine, une fois germée, fait peu de progrès dans les deux premières années ; ensuite sa végétation est rapide, & le semis est le meilleur moyen d’avoir de beaux sujets. Quant à la marcotte, il suffit de coucher une partie d’une branche en terre, de l’y enfoncer à la profondeur de six pouces, & de la recouvrir. Souvent à la fin de la première année, & toujours à la fin de la seconde, on est assuré de pouvoir séparer une bonne marcotte du tronc. Quant à la bouture & à la manière de la faire, voyez ce mot.

Si on desire jouir promptement & multiplier ce joli arbrisseau, il