Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/568

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Dans le second cas, le calice est polyphylle, & son caractère est d’avoir les divisions prolongées jusqu’à sa base, ou jusqu’au réceptacle ; car au-dessous de cette partie, le calice paroîtra toujours monophylle, puisqu’il n’est que l’épanouissement de l’écorce du péduncule. On sent parfaitement que cette seconde espèce de calice varie suivant le nombre de pièces dont il est composé ; il est diphylle lorsqu’il n’y a que deux pièces, comme dans le pavot (Fig. 7) la fumeterre ; triphylle ou à trois pièces, comme dans le fluteau (Fig. 8) ; on a supprimé les pétales & les étamines pour ne laisser voir que le calice ; tétraphylle, ou à quatre pièces, comme dans la perce-neige, les sagines, le câprier, (Fig. 9, ABCD, les quatre feuilles du calice : on a supprimé les pétales pour pouvoir les distinguer) ; pentaphylle, ou à cinq pièces, comme dans la morgeline (Fig. 10, ABCDE, feuilles du calice) le ciste ; le calice des épines-vinettes en a six, &c. (Fig. 11, ABCDEF ; on a supprimé les pétales pour laisser appercevoir les divisions du calice). Entre les calices d’une seule pièce, la base de quelques-uns se gonfle & devient le fruit ; les pommiers, les coignassiers, les grenadiers, sont de ce genre ; alors les échancrures du calice restent desséchées au bout du fruit ; & ces calices, qui deviennent des fruits, ne tombent point. À d’autres arbres, comme aux amandiers, aux pêchers & aux abricotiers, les caliers monophylles servent seulement de supports aux étamines, & d’enveloppe aux jeunes fruits ; mais ils tombent dès que le fruit est noué. Il y a donc des calices qui subsistent jusqu’à la maturité des semences ou des fruits ; & d’autres calices qui tombent en même tems que les autres parties des fleurs. Le calice de plusieurs fruits, & de la plupart des fleurs légumineuses, subsiste jusqu’à la maturité des semences, comme à la belladone ; ou à la naissance des siliques, comme dans le raifort, le choux, le bois puant, &c. À l’égard des fleurs labiées, telles que celles du romarin, les semences n’ont point d’autre enveloppe que le calice. Entre les calices composés de plusieurs pièces, la plupart, comme celui du câprier, tombent avant la maturité des fruits ; & quelques-uns, comme celui de la grenadille, subsistent. Cette diversité dans la durée des calices, a fait naître une division naturelle entr’eux, par rapport à leur permanence ; & de-là on a distingué les calices caducs, qui tombent au moment de leur épanouissement avant la chute des pétales, comme dans les pavots l’épimedium ; les calices tombans, qui tombent avec la fleur, ou peu après elle, comme dans les liliacées & plusieurs crucifères ; les calices persistans lorsqu’ils surviennent à la fleur, comme dans la sauge, la mélisse, l’aristoloche, &c.

Jusqu’à présent nous n’avons considéré le calice qu’en tant qu’il ne renferme qu’une seule fleur, comme dans l’œillet, la julienne : il faut encore remarquer que ce calice, que l’on désigne sous le nom de propre, peut être simple ou double ; c’est-à-dire, il est simple lors-