Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/712

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sées, les défaillances, les foiblesses continuelles, un vomissement, le dévoiement, l’assoupissement sont les symptômes les plus ordinaires. Quelquefois il survient des urines sanglantes, des cardialgies, des tranchées, une soif ardente, le transport, l’oppression, le gonflement des hypocondres, &c. Le pouls est fréquent & concentré, les extrémités sont froides, &c. Certains champignons, & non pas tous, occasionnent un resserrement à la gorge. Enfin ces substances vénéneuses passent dans les secondes voies, & attaquent l’origine des nerfs & le cerveau.

L’émétique est le remède le plus prompt ; mais il ne suffit pas, puisque à l’apparition des symptômes, le champignon a déjà passé en grande partie dans les secondes voies. Il convient donc de l’unir aux purgatifs & même d’employer les lavemens d’une décoction de tabac, afin de faire rendre promptement ce qu’elles contiennent.

Si on n’a pas sous la main, & si on n’est pas à portée de se procurer sur le champ les remèdes dont on vient de parler, il faut favoriser par de grands lavages tièdes, le vomissement naturel lorsqu’il a lieu, faire beaucoup boire au malade de l’eau rendue acidule par son union avec le vinaigre. Ce remède simple a souvent suffi. Enfin, lorsque les accidens les plus graves auront disparu, c’est-à-dire, après l’entière évacuation des champignons, on fera prendre au malade, dans chaque verre de sa boisson, un peu d’éther vitriolique. C’est à MM. Paulet & Parmentier que l’on doit la découverte de ce remède. Je le répète, souvent d’amples boissons acidulées par le vinaigre suffisent. Après la disparition totale des symptômes, & l’évacuation de ce qui les causoit, une prise de thériaque ne sera pas déplacée.


CHANCELIÈRE. Pêche, (Voy. ce mot)


CHANCI, Chancir, Chancissure. En agriculture, ce mot est appliqué à différens objets.

On dit que le fumier se chancit lorsqu’il commence à blanchir & à produire de petits filamens. Le fumier chancit par trois raisons ; 1°. lorsqu’il a été tenu trop au sec ; alors il se brûle, se consume, & finit par se réduire en terreau ; 2°. lorsqu’après avoir été trop long-tems noyé d’eau, qu’il est tiré de la marre, & que par des pluies continuelles, ou par d’autres raisons, il reste encore pendant long-tems pénétré d’eau, de manière que cette trop grande humidité s’oppose à sa fermentation 3°. enfin, parce que n’éprouvant plus de fermentation, il ne résulte aucune chaleur dans son intérieur, & aucune recombinaison de ses principes. Dans cet état, la moisissure, la chancissure le gagne, & il n’a même plus les qualités dont il étoit doué à sa sortie de l’écurie. L’eau dans laquelle il a été plongé, s’est approprié ses parties salines, huileuses & savoneuses ; de sorte qu’il ne lui reste, pour ainsi dire, qu’un caput mortuum, qui fera de la terre végétale ou humus. (Voyez ces mots)

Racines chancies. On appelle ainsi celles qui étant éclatées, ou mutilées, ou meurtries en terre, moisissent. Alors il se forme autour d’elles une pellicule blanchâtre, & l’intérieur noircit. Ce qui paroît une pellicule, examiné au microscope, est un tissu de petites plantes serrées les unes