Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/97

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d’elles consiste en un pistil L, posé dans une écaille ovale & pointue. Ce pistil est composé de l’ovaire, d’un stile & deux stigmates, représentés séparément dans la figure M.

Fruit. Succède aux chatons femelles, comme on le voit au sommet de la branche A, & en F il est représenté isolé. C’est un osselet à deux loges qui succède à l’ovaire, & renferme deux semences G, anguleuses. La branche B, représente la disposition des fruits & des feuilles.

Feuilles simples, entières, ovales, dentées en manière de scie ; les dentelures dentées à leur tour ; la surface inférieure relevée de nervures saillantes, & elle est velue. La supérieure est d’un beau verd, & luisante lorsque la feuille est encore tendre ; elle brunit peu-à-peu. Les feuilles sont portées par des pétioles assez longs, & elles sont gluantes.

Racine, rameuse, ligneuse.

Port ; l’arbre s’élève assez haut & droit, suivant la terre sur laquelle il végète ; l’écorce est d’un gris brun en dehors, & jaunâtre en dedans. Les fleurs naissent des aisselles des feuilles, portées sur des péduncules rameux ; les feuilles sont placées alternativement.

Lieu. Le bord des rivières, des ruisseaux, des lieux humides.

Propriétés. L’écorce & les feuilles sont âpres au goût, on les dit vulnéraires, astringentes & résolutives ; la décoction de l’une & de l’autre est employée dans les cataplasmes.

L’aune est un arbre précieux pour les usages domestiques, & subsiste très-longtems s’il est enfoui en terre.

Culture, on peut se le procurer par le semis. La méthode est longue & la bouture est plus commode, plus expéditive, puisque ces boutures réussissent aussi bien que celles des peupliers & des saules.

L’aune aime les lieux humides, quelquefois inondés, mais non pas perpétuellement couverts d’eau. Au mois de Février, de Mars ou d’Août, suivant le climat, on coupe les branches sur pied, & on les partage en morceaux de trois pieds de longueur avec une aiguille de fer, ou avec tel autre instrument ; il faut percer le terrain à deux pieds & demi de profondeur, & placer dans le trou le morceau de bois avec la même aiguille, serrer la terre tout autour ; moins la bouture sortira de terre, plus sa reprise sera assurée. (Voyez le mot Bouture) Quelques-uns coupent les boutures après la tombée des feuilles, les lient par paquets, & les mettent tremper dans l’eau à la profondeur de quelques pouces. Ces boutures restent dans cet état jusqu’après l’hiver, & ils les plantent ensuite. C’est multiplier la main d’œuvre inutilement.

La graine de cet arbre se sème d’elle-même, à moins qu’elle ne soit entraînée par des débordemens ; il est facile de lever les jeunes plants après la première ou seconde année.

Un autre moyen encore bien simple de multiplier l’aune, c’est de couper une branche jeune, forte & bien nourrie, par exemple, sur une longueur de dix pieds, de l’enterrer sur toute sa longueur & de la couvrir avec trois ou quatre pouces de terre ; des bourgeons percent l’écorce de distance en distance, traversent la terre qui les recouvrent, & forment autant de branches. Si les longues boutures placées parallèlement sont enterrées très-profondément,