Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1783, tome 3.djvu/521

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leurs différens usages dans les deux états.

1°. Des cotyledons ou lobes. Pour bien entendre l’anatomie du cotyledon que nous allons faire, il faut avoir sous les yeux une semence d’un gros volume, comme une graine de melon, de citrouille, de fève, de haricot, &c. & suivre exactement des yeux, & mieux encore une loupe à la main, ce que nous dirons. Plus la semence sera grosse, & plus on découvrira facilement les parties constituantes & organiques qui la composent. Afin de les rendre encore plus sensibles, on peut la faire macérer quelques instans dans l’eau chaude. La graine, (Voyez ce mot) offre ordinairement à l’extérieur une forme ovale alongée, quelquefois ronde, quelquefois aussi comprimée dans différens sens. Cette dernière forme n’est qu’accidentelle, & elle est due à la pression que la graine a éprouvée dans le péricarpe, lorsqu’elle a pris son accroissement, environnée de tous côtés d’autres graines. Les enveloppes sont les premières parties extérieures de la graine, & ces enveloppes sont au nombre de trois. L’extérieure, que l’on peut comparer à l’épidémie, est aussi la plus épaisse, elle se détache quand la graine commence à germer & à se déveloper. Lorsque la graine est encore tendre & verte dans le péricarpe, cette peau est très-peu adhérente. Cette épiderme est donc caduque. La seconde ou celle qui est immédiatement au-dessous, est une membrane plus fine qui forme plusieurs plis, & qui est tissue par des fibres très-fines, très-délicates & pleines de vaisseaux secrétoires, qui communiquent de la substance des cotyledons à l’extérieur, par les pores de la première peau. Dans les graines à deux lobes en général, & dans beaucoup d’autres qui n’en ont qu’un, comme le blé, on distingue une troisième peau nommée cuticule, qui est extrêmement fine & transparente, qui recouvre séparément chaque lobe en entier. Elle s’insinue entre l’interstice qui les sépare. C’est entre la seconde & la troisième enveloppe, qu’est placée la substance glutineuse dans les grains qui la contiennent. Dans l’analyse du cotyledon, il ne faut pas oublier de remarquer une petite ouverture placée au gros bout de la graine, & par où pointe la racine séminale.

Ces trois enveloppes détachées, on découvre le corps même du cotyledon ou des lobes. C’est un corps farineux composé de l’entrelacement d’une infinité de vaisseaux en forme de réseau très-délié, & qui sont terminés par des globules, réservoirs du suc nourricier ou substance muqueuse. Voyez le développement du cotyledon du blé, & les dessins des trois enveloppes & du corps du lobe au mot Blé, section I, p. 287. Le vaisseau principal GG, Fig. 25, Pl. X. Tome II ; ou FF, Fig. 1, Pl. du mot Couches ligneuses, Tome III, est une espèce de cordon ombilical, qui porte la nourriture, préparée par les lobes, au germe qui doit se développer. Dans les grains à deux lobes, toutes ces petites ramifications de vaisseaux qui commencent aux tuniques, après beaucoup d’anastomoses, se réunissent en plusieurs gros vaisseaux, & forment trois troncs principaux : deux GG (même Fig.) se rendent de chaque lobe dans la petite racine A, tandis que le troisième D s’élève de cette racine, en ligne droite, jusqu’au germe B.