Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1796, tome 9.djvu/212

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Les autres, fondés sur le principe constant entre tous les cultivateurs, que le vitrage d’une serre doit recevoir directement les rayons du soleil pendant la plus grande partie de l’année, donnent l’inclinaison au vitrage. Mais quelle inclinaison est la plus avantageuse ? c’est sans doute celle qui procureroit le plus de rayons directs à la serre, c’est-à-dire, qui lui en procureroit deux fois par jour, (elle n’en peut pas recevoir davantage) l’une avant midi, l’autre après, aux heures où le soleil peut donner la chaleur la plus convenable suivant la saison. Or cette inclinaison est, dans le climat de Paris, celle qui coupe à angles droits, fig. 8, la ligne du solstice d’hiver, (71 degrés & demi pour Paris où le solstice d’hiver est élevé de dix-sept degrés & demi) car depuis le 20 novembre jusqu’au 10 janvier, les rayons du soleil tomberoient directement sur le vitrage, presque tous les jours à midi, cet astre pendant ce temps étant, à cause de l’obliquité de notre sphère, presque fixe au même degré du zodiaque ; le 10 décembre & le 20 janvier, ils seroient directs à onze heures & une heure ; vers le 20 novembre & le 10 février, à 10 heures & à 2 heures ; le 1       {{{1}}} octobre & le 1er mars, à 9 heures & à 3 heures ; le 5 septembre & le 25 mars, à 8 heures & à 4 heures ; vers le 5 août & le 25 avril, à 7 heures & à 5 heures ; enfin vers le solstice d’été, à 6 heures du matin & du soir, ou zéro, parce que le vitrage supposé bien orienté au midi, est dans le plan de 6 heures. Il y a des tables calculées des hauteurs du soleil pour tous les jours de l’année, & pour toutes les heures correspondantes de chaque jour. Ce petit nombre d’époques suffit pour montrer qu’un vitrage qui a cette inclinaison, reçoit en hiver les rayons directs du soleil aux heures les plus voisines de midi, les seules où il ait quelque chaleur ; & qu’au contraire, plus le soleil s’approche du solstice d’été, temps où il n’échauffe que trop les serres, ses rayons n’y tombent directement qu’à des heures plus éloignées de midi ; & que l’heure de midi est celle où ils sont plus obliques. J’ajoute que ce vitrage incliné, permet de donner plus de largeur à une serre, puisqu’un vitrage direct, haut de 22 pieds, fig. 8, ne donne que dix pieds de largeur, pendant qu’un vitrage incliné haut de 12 pieds, donneroit la même largeur. Malgré ces avantages, on a laissé aux hollandois & aux climats plus septentrionaux que celui de Paris, les vitrages entièrement inclinés. Il n’est pas nécessaire d’observer qu’ils y doivent être plus inclinés : la raison en est évidente. J’en ai vu quelques-uns, chez des jardiniers intelligens à de petites serres de 15 à 20 pieds de longueur, dont les plantes paroissoient se trouver fort bien, & dont ils étoient d’autant plus contens, qu’ils employoient peu de matières pour les échauffer.

Le vitrage vertical, dans sa partie supérieure & inclinée, est généralement adopté & regardé comme le plus convenable au climat de Paris ; & l’inclinaison qui paroit la plus avantageuse est de 45 degrés, excepté pour les serres d’ananas qui en demandent beaucoup plus, parce qu’elle procure au vitrage incliné les rayons du soleil directs avant l’équinoxe du printemps, & peu obliques au solstice d’été, c’est-à-dire pendant tout le temps où sa chaleur peut être assez grande pour que celle, du feu ne soit