Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1796, tome 9.djvu/29

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royaume, conformément à celui qui a été fait pour la généralité de Soissons, sous les auspices de M. le Pèletier de Mortefontaine, intendant de cette généralité. Ce sage administrateur, comme le dit fort bien M. Augier Dufot docteur en médecine & professeur d’accouchemens, dans son Discours préliminaire, dont l’attention porte de préférence sur les objets qui tendent à la conservation des hommes, affligé des malheurs qui arrivent presque journellement dans les campagnes par l’impéritie des sages-femmes, n’a trouvé d’autre moyen d’en arrêter le cours, que l’instruction publique & gratuite sur un art qui, devant faire jouir l’homme de la vie, ne lui donnoit que trop souvent la mort.

Ce fut aussi pour des motifs semblables que, parmi les Athéniens, il étoit défendu aux femmes d’étudier la médecine ; mais cette loi ne resta pas long-temps en vigueur. Elle fut abrogée en faveur d’Agnodice, jeune fille qui se déguisa en homme pour apprendre la médecine, & qui, sous ce déguisement, pratiquoit les accouchemens. Les médecins la citèrent devant l’aréopage ; mais les sollicitations des dames Athéniennes qui intervinrent dans la cause, la firent triompher de ses parties adverses, & il fut dorénavant permis aux femmes libres d’apprendre cet art.

On ne peut néanmoins disconvenir que l’art des accouchemens convient mieux aux femmes qu’aux hommes ; il n’est pas douteux que la décence & la pudeur répugnent également à ce que les hommes le pratiquent ; mais l’ineptie des femmes est telle, que la concurrence des accoucheurs n’a encore excité chez elles aucune émulation ; & depuis qu’il y a des accoucheurs, & qu’à l’envi chacun cherche, par ses talens & son travail, à illustrer sa profession, on n’a pas vu les sages-femmes faire un pas de plus. Enfin, soit faute de courage ou d’émulation, il y a actuellement beaucoup moins de sages-femmes qui en méritent le nom qu’autrefois. M. AMI.


SAGOU. Il est inutile de décrire ici l’arbre qui produit le sagou, cycas circinalis. Lin. Il croît dans l’Inde, dans le Malabar & au Japon. C’est une espèce de palmier dont la substance médullaire fournit cette nourriture, blanchâtre, inodore, d’une saveur fade, qu’on nous apporte sous forme de grains d’une grosseur approchant de celle du millet, & d’une couleur grisâtre. L’éducation du cycas exige une serre très-chaude.

Le sagou est très-recommandé dans les maladies où les espèces d’orchis (consultez ce mot) sont célébrées, particulièrement dans plusieurs espèces de phthisies pulmonaires & atrophies. Il porte souvent un préjudice réel, lorsque la fièvre lente est considérable, lorsque la toux est vive & quand l’estomac fait mal ses fonctions ; accidens ordinaires dans ces deux genres de maladie. On le donne depuis demi-dragme jusqu’à deux dragmes, en décoction dans dix onces d’eau ou de bouillon, ou du lait, jusqu’à entière solution.


SAIGNÉE. Médecine rurale. C’est l’ouverture faite à un vaisseau sanguin pour en tirer le fluide qui y est contenu.

L’origine de la saignée est encore inconnue. Il conste néanmoins qu’elle