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la bible d’amiens.

dont l’un présida aux fondations de l’édifice et l’autre y rendit grâces pour son achèvement. Son but d’artiste, ainsi que pour tous les architectes sacrés de son époque dans le Nord, était d’admettre autant de lumière dans l’édifice que cela était compatible avec sa solidité ; de rendre sa structure sensible à la raison et magnifique, mais non pas singulière ni à effet, et d’ajouter encore à la puissance de cette structure à l’aide d’ornements suffisants à l’embellir, sans toutefois se laisser aller dans un enthousiasme déréglé à en exagérer la richesse, ou dans un moment d’insolente ivresse ou d’égoïsme à faire montre de son habileté. Et enfin il voulait faire de la sculpture de ses murs et de ses portes, un alphabet et un épitomé de la religion dont la connaissance et l’inspiration permît de rendre en dedans de ses portes un culte acceptable au Seigneur dont la Crainte était dans Son Saint Temple et dont le trône était dans le Ciel[1].

3. Il n’est pas facile au citoyen du moderne agrégat de méchantes constructions, et de mauvaises vies tenues en respect par les constables, que nous nommons une ville — dont il est convenu que les rues les plus larges sont consacrées à encourager le vice et les étroites à dissimuler la misère — il n’est pas facile, dis-je, à l’habitant d’une cité aussi méprisable de comprendre le sentiment d’un bourgeois des âges chrétiens pour sa cathédrale. Pour lui, le texte tout simplement et franchement cru : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux[2] », était étendu à une promesse plus large, s’appliquant à un grand nombre d’honnêtes et laborieuses personnes assemblées

  1. Psaume XI, 4. — (Note du Traducteur.)
  2. Saint Matthieu, xviii, 20. — (Note du Traducteur.)