Page:Ruskin - La Bible d’Amiens.djvu/29

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ment que par cette porte sud, car toutes les cathédrales de quelque importance produisent à peu près le même effet, quand vous entrez par le porche ouest, mais je n’en connais pas d’autre qui découvre à ce point sa noblesse, quand elle est vue du transept sud. La rose qui est en face est exquise et splendide et les piliers des bas-côtés du transept forment avec ceux du chœur et de la nef un ensemble merveilleux. De là aussi l’abside montre mieux sa hauteur, se découvrant à vous au fur et à mesure que vous avancez du transept dans la nef centrale. Vue de l’extrémité ouest de la nef, au contraire, une personne irrévérente pourrait presque croire que ce n’est pas l’abside qui est élevée, mais la nef qui est étroite. Si d’ailleurs vous ne vous sentez pas pris d’admiration pour le chœur et le cercle lumineux qui l’entoure, quand vous élevez vos regards vers lui du centre de la croix, vous n’avez pas besoin de continuer à voyager et à chercher à voir des cathédrales, car la salle d’attente de n’importe quelle gare du chemin de fer est un lieu qui vous convient mille fois mieux. Mais si, au contraire, il vous étonne et vous ravit d’abord, alors mieux vous le connaîtrez, plus il vous ravira, car il n’est pas possible à l’alliance de l’imagination et des mathématiques, d’accomplir une chose plus puissante et plus noble que cette procession de verrières, en mariant la pierre au verre, ni rien qui paraisse plus grand.

Quoi que vous voyiez ou soyez forcé de laisser de côté, sans l’avoir vu, à Amiens, si les écrasantes responsabilités de votre existence et les nécessités inévitables d’une locomotion qu’elles précipitent, vous laissent seulement un quart d’heure — sans être hors d’haleine — pour la contemplation de la capitale de la Picardie,