Page:Rutebeuf - Oeuvres complètes, recueillies par Jubinal, tome I, 1839.djvu/113

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GUILLAUME DE SAINT-AMOUR.

« Ainz i morra,
« Et li afères demorra.
« Face du miex que il porra,
« Je n’i voi plus ;
« Por voir dire l’a l’en conclus.
« Or est en son païs reclus[1],
« A Saint-Amor,
« Et nus ne fet por lui clamor[2].
« Or i puet fère lonc demor,
« Que je l’i lais,
« Quar vérité a fet son lais.
« Ne l’ose dire clers ne lais :
« Morte est Pitiez,
« Et Charitez et Amistiez ;
« Fors du règne[3] les ont getiez
« Ypocrisie,
« Et Vaine-Gloire et Tricherie,
« Et Faus-Samblant et dame Envie[4]
« Qui tout enflame.
« Savez porqoi ? Chascune est dame,
« C’on doute plus[5] le cors que l’âme ;
« Et d’autre part,
« Nus clers à provende ne part,
« N’à dignité que l’en départ,
« S’il n’est des lor.
« Faus-Samblant et Morte-Color

  1. Ce vers est omis au Ms. 7615.
  2. Voyez la note K, à la fin du volume.
  3. Ms. 7633. Var. Païs.
  4. On voit ici percer ce goût pour l’allégorie dont Le roman de la rose est le nec plus ultrà, et qui tint plus tard une si grande place dans notre littérature aux 14e et 15{{e siècles.
  5. Ms. 7615. Var. Et doute plus.