Page:Rutebeuf - Oeuvres complètes, recueillies par Jubinal, tome I, 1839.djvu/470

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NOTE S.

(Voyez page 155, note 1.)


Je crois cette pièce relative aux dissensions qui eurent lieu en 1266 dans la faculté des arts. L’Université, comme on sait, était divisée en facultés, et celles-ci en nations. Or, en 1266 il y avait entre la nation de France et celles de Picardie, de Normandie et d’Angleterre de grandes divisions, dont l’origine avait deux sources : la première, que chacune d’elles, tenant fort à être nombreuse, n’abandonnait jamais aucune partie du terrain qui pouvait lui procurer des sujets ; souvent même elle empiétait sur les limites des autres. Ce fut précisément ce qui arriva en 1266. Un aspirant né à Ulli Saint-Georges, diocèse de Beauvais, s’étant présenté à la nation de France, fut revendiqué avec éclat par celle de Picardie, et des paroles on ne tarda pas à passer aux voies de fait.

Le second motif de division était celui-ci :

La nation de France, plus nombreuse à elle seule que toutes les autres ensemble, supportait avec peine l’égalité de ses sœurs, dit Crevier dans son Histoire de l’Université. Elle prétendait fournir trois examinateurs au lieu d’un pour l’examen commun des aspirants à la maîtrise ès-arts ; elle ne voulait point confondre les revenus qu’elle tirait des droits payés par ses candidats avec les revenus des autres nations, etc.

De là naquirent des scènes de désordre, qui se terminèrent fort souvent par des effusions de sang. Le cardinal Simon de Brie, légat du pape, qui était alors à Paris, entreprit de calmer les esprits. Il fit dans cette intention un règlement fort sage, mais qui ne put guérir le mal radicalement puisqu’en 1271, pendant qu’il était en Italie, où l’avait rappelé la mort de Clément IV, la querelle recommença. Elle ne s’apaisa un peu qu’au retour de Simon de Brie, que le nouveau pape, Grégoire X, renvoya en