Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/115

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une dernière fois chez nous, dans notre maison. »

De crainte de se laisser encore dominer par une émotion qu’elle avait promis de surmonter, elle se mit immédiatement à l’œuvre avec Gribouille, qui l’aidait avec une activité et une intelligence dont elle ne l’aurait pas cru capable ; ils passèrent plus de deux heures à nettoyer, à ranger les meubles, à serrer dans les armoires les effets et les objets qui ne pouvaient plus servir dans leur nouvelle position. Gribouille voulait tout emporter, livres, papiers, vieux vêtements, vaisselle ; mais Caroline se borna à faire un paquet du linge et des vêtements habituels ; elle y ajouta la montre de sa mère, le crucifix qui avait reçu son dernier soupir et une statuette de la sainte Vierge ; Gribouille mit son catéchisme dans sa poche.

« Je l’emporte, dit-il, pour en apprendre chaque jour une page ; je ne le comprends pas, mais ça ne fait rien : je saurai tout de même. »