Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/118

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ne sait jamais d’avance ce qu’ils vont faire… Non pas que je ne les aime de tout mon cœur, ces chers amis : seulement… pour aimer les gens, on n’est pas aveugle,… on voit ce que l’on voit… La pauvre Rose m’a raconté des choses !… Enfin, leurs affaires ne sont pas les miennes, Dieu merci !… Je vous souhaite plus de bonheur que n’en a eu Rose, ma pauvre Caroline. Et n’oubliez pas ce que je vous ai dit : chez moi, plus de gages, moins d’ouvrage et une bonne maîtresse. Adieu, au revoir, j’espère. »

Caroline et Gribouille saluèrent et sortirent ; Caroline ne disait rien.

« Que penses-tu de Mme Grébu et de ce qu’elle nous a raconté ? dit Gribouille en regardant fixement sa sœur.

caroline.

Je ne pense rien, car je n’y pense pas.

gribouille.

Eh bien ! moi, je pense quelque chose.

caroline.

Que penses-tu ?

gribouille.

Je pense que Mme Grébu est une mauvaise femme, une fausse, une méchante, une trompeuse, et que je le lui dirai en face si elle vient faire des mamours à Mme Delmis.

caroline.

Je te prie, Gribouille, de ne rien dire. Nous devons être discrets dans notre nouvelle position,