Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/132

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— Quel âge me donnes-tu donc ? reprit Mme Delmis s’efforçant de sourire.

— Je crois que madame n’a guère plus de quarante ans, dit Gribouille d’un air fin.

madame delmis.

Je te remercie ! Tu es généreux !… Quarante ans !… En vérité !… quarante ans !… Mais j’en ai à peine trente.

gribouille.

Trente, quarante, ça ne fait rien ; on dit que madame en a quarante parce qu’elle a l’air de les avoir, voilà tout.

caroline, inquiète.

Madame a bien de la bonté d’écouter les folies de mon frère. Est-ce qu’il connaît quelque chose aux chiffres et à l’âge des gens ? Madame veut-elle me dire si ses robes doivent rester là ? je les trouve un peu serrées ; je craindrais qu’elles ne fussent chiffonnées.

madame delmis.

Arrangez cela comme vous voudrez, Caroline ; vous vous y connaissez mieux que moi.

caroline.

Je vais les déchiffonner avant de les serrer ; si madame veut mettre ce soir cette robe lilas et vert, je suis sûre qu’elle irait parfaitement au teint frais et aux cheveux blonds de madame.

madame delmis, avec satisfaction.

Comme vous voudrez, Caroline ; je m’en remets à votre bon goût. »