Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/138

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rose.

Il faut absolument que j’aie du pain ; j’ai trop faim ; je n’y tiens plus. Gribouille, je t’en prie, va me chercher du pain, je meurs.

Les dents de Gribouille claquaient, ses genoux tremblaient ; mais, touché des souffrances de son ancienne ennemie, il se dirigea vers la porte, tira le loquet, ouvrit, et se trouva nez à nez avec un gendarme. « Ah ! » cria Gribouille ; et il tomba à quatre pattes sur le seuil.

le brigadier.

Eh bien ! pourquoi cette terreur ? On craint le gendarme : mauvais signe… Lève le nez, mon garçon, que je te reconnaisse.

Gribouille ne bougeant pas, le brigadier le releva de force.

le brigadier.

Tiens ! Gribouille ! c’est toi, mon pauvre garçon ! Pourquoi as-tu peur de moi aujourd’hui ? Nous sommes de vieux amis pourtant. Et que faisais-tu enfermé dans cette grange ? Tu n’étais pas seul peut-être ?

Et le brigadier, laissant Gribouille, voulut pénétrer dans la grange.

« N’entrez pas ! n’entrez pas ! cria Gribouille en lui barrant le passage. De grâce ! brigadier, n’entrez pas ! »

En voyant ses efforts inutiles, il s’écria : « Ayez pitié d’une pauvre fille à moitié morte de faim.

le brigadier.

Une pauvre fille ! morte de faim ! De quelle fille