Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/143

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peur ; voilà tout… Mais où est-elle ? je ne vois ni porte ni fenêtre.

le brigadier.

Écoute ; allons chez M. le curé, nous y trouverons mes camarades, et je verrai si tu m’as fait un conte.

gribouille.

Allons ; j’y allais tout justement pour une commission de ma sœur.

Ils sortirent. Le brigadier poussa la porte sans la fermer entièrement.

« Gribouille, dit-il très bas, va seul chez le curé, je suis fatigué ; j’attends ici mes camarades : dis-le-leur. »

Gribouille partit sans méfiance ; il trouva le curé tout seul, et lui demanda où étaient les gendarmes.

le curé.

Je n’ai pas vu de gendarmes, mon ami. Qu’as-tu affaire de gendarmes, toi ?

gribouille.

Ce n’est pas moi, monsieur le curé, c’est le brigadier qui est dans la ruelle de la grange et qui les demande.

le curé.

Ils ne sont toujours pas chez moi. Et c’est pour cela que tu venais ?

gribouille.

Non, monsieur le curé, ça c’est par occasion, une commission en passant. C’est Caroline qui m’envoie pour vous raconter ce qui est arrivé.