Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/161

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


madame delmis, avec colère.

Impertinent !

gribouille, avec surprise.

Pourquoi impertinent ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Ce n’est-il pas vrai ? Je le demande à monsieur. »

M. Delmis souriait ; à l’appel de Gribouille, il leva les yeux, rencontra le visage irrité de sa femme, le visage étonné et un peu niais de Gribouille, et, haussant les épaules, il détourna la tête sans parler.

gribouille.

Vous voyez que monsieur ne dit rien ; si j’avais dit quelque chose de mauvais, monsieur me le dirait. Est-ce ma faute, à moi, si vous faites des coiffures drôles, si grosses qu’elles accrochent mes plats ? Demandez à Caroline si j’accroche ses cheveux ! Jamais, parce qu’elle est coiffée simplement.

madame delmis.

Ce garçon est insupportable ; en vérité, c’est à ne pas le garder.

M. Delmis allait répondre ; mais Caroline entra, demandant ce qui était arrivé.

monsieur delmis.

Rien de bon ; Gribouille a accroché les cheveux de ma femme et lui a renversé le compotier de framboises sur la tête.

— Et monsieur lui en veut sans doute ! s’écria Caroline avec effroi. Que je suis donc désolée ! La jolie robe de madame tachée partout ! Ses beaux cheveux pleins de jus de framboises ! Si madame veut permettre, je vais lui refaire une autre coif-