Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/177

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longtemps ; lui renvoyé, je ne resterais pas, et me voilà de nouveau à chercher notre vie par mon travail. C’est que je n’y suffirais pas ! On paye si peu ! Et Gribouille a bon appétit !… Pauvre garçon ! »

Caroline reprit son travail suspendu ; elle prépara les viandes, mit les casseroles au feu, et, tout en les surveillant, elle se hâta de terminer une robe que Mme Delmis désirait beaucoup pouvoir mettre pour son dîner. Gribouille ne perdait pas de temps de son côté ; il préparait le couvert.

« Voyons comment j’arrangerai mon dessert, dit-il quand il eut placé les assiettes, les verres et les couverts. Caroline m’a dit de faire un beau dessert et de mettre de la mousse sous les fruits. Pour mettre de la mousse, il faut en avoir ; je vais aller en chercher au jardin. »

Gribouille descendit au jardin et n’eut pas de peine à trouver des paquets de mousse, qu’il rapporta joyeusement.

« À l’ouvrage, se dit-il. Qu’est-ce que madame a sorti pour le dessert ? Des pommes ! bon !… Des poires ! très bien !… Des abricots en compote !… Des prunes en compote ! Ah ! ah ! ceci sera plus difficile à arranger avec la mousse… Comment vais-je faire ? Le jus va me gêner. »

Gribouille réfléchit un instant… « J’y suis ! s’écria-t-il. La mousse bien arrangée dans le compotier (Gribouille arrange la mousse), je prends ma compote, je la vide sur la mousse… (Gribouille