Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/195

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émilie.

Je voudrais bien les avoir ; voulez-vous me les apporter, Gribouille ?

gribouille.

Quant à cela, mademoiselle, il faut attendre un peu. Les oiseaux, ce n’est, pas comme l’homme : c’est bête comme toutes les bêtes. J’aurais beau les appeler, leur dire que mademoiselle désire faire connaissance avec eux, c’est comme si je ne disais rien. Mademoiselle pense bien que ce n’est pas volonté de ma part, je ferais tout pour contenter mademoiselle, excepté de donner de mon esprit aux bêtes.

émilie, avec un sourire moqueur.

Non, non, je n’en demande pas tant. Gardez votre esprit, Gribouille ; tâchez même de l’augmenter ; seulement je ne comprends rien de ce que vous dites, et je ne sais pas encore où sont les oiseaux que m’a envoyés ma cousine Lucie.

gribouille.

Ils se promènent, mademoiselle ; ils étaient fatigués de leur cage et ils sont allés faire un tour. Ça se comprend : ces pauvres bêtes, toujours enfermées. On se lasse, à la fin.

émilie, consternée.

C’est vous qui les avez lâchés ?

gribouille.

Certainement, mademoiselle : qui donc aurait eu pitié de ces pauvres petites bêtes innocentes, si ce n’est moi ? Je les ai fait sortir ; mais ils ne vont