Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/220

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vre Jacquot avec prestesse et terreur tout en criant : « Au secours ! Gribouille ! Jacquot ! Gribouille l’a battu ! pauvre Jacquot ! »

Cette fois Gribouille avait mieux calculé son élan : d’une main il saisit le rideau, de l’autre il attrapa Jacquot au beau milieu du corps, et, le serrant fortement, il lui fit lâcher le rideau.

« Te voilà donc, mauvaise langue, insolent, pleurnicheur ! lui dit Gribouille en le regardant avec colère. Ah ! tu crois que cela va se passer en paroles ! Tu vas avoir une bonne correction, mauvais drôle ! Tiens ! vlan ! vlan ! »

Et Gribouille, accompagnant ses paroles du geste, déchargea sur le dos et sur la tête de Jacquot une grêle de coups de poing ; le pauvre animal criait de toutes ses forces :

« Pauvre Jacquot ! Gribouille l’a battu !

— Ah ! tu appelles ! Ah ! tu veux encore me faire gronder ! Crie, à présent, crie ! »

En disant ces mots, Gribouille serrait la gorge de son ennemi, qui continuait à se débattre et à répéter d’une voix étouffée : « Au secours ! Pauvre Jacquot ! Pau… vre… Jac… »

Il ne put articuler la dernière syllabe  ; sa voix expira, son bec et ses yeux s’ouvrirent démesurément, ses ailes retombèrent inertes, et Gribouille ne tint plus dans ses mains qu’un cadavre.

S’apercevant enfin que le perroquet restait sans mouvement, Gribouille le laissa retomber.