Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/325

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


le brigadier.

Et je te le promets encore très sincèrement, très sérieusement, comme à mon frère !

— Rose se meurt, dit le curé en entrant ; Caroline est près d’elle ; elle n’entend plus et ne dit plus rien ; elle meurt dans de bons sentiments. Je l’ai confessée, je lui ai donné l’extrême-onction ; j’espère que le bon Dieu lui fera miséricorde. Pendant que nous sommes seuls, brigadier, j’ai à vous parler d’un aveu que Rose m’a prié de vous communiquer : il paraît que Michel doit pénétrer cette nuit dans la maison de Caroline avec les plus sinistres projets ; il sait qu’elle doit avoir de l’argent, et il veut la voler, peut-être l’assassiner. Caroline ne peut pas coucher dans cette maison jusqu’à ce que Michel soit pris ; et il faut qu’un de vos hommes y passe la nuit pour saisir ce misérable. Je vais prendre Caroline chez moi pendant quelques jours ; elle couchera avec ma nièce ; mais que ferons-nous de Gribouille ? Pouvez-vous vous en charger ?

le brigadier.

Très volontiers, monsieur le curé, et grand merci de me mettre à même de rendre quelque service à ces pauvres enfants. Gribouille couchera chez moi, dans mon lit, pendant que je veillerai là-bas, chez eux, jusqu’à ce que nous mettions la main sur ce gredin de Michel.

gribouille.

Non, non, je ne veux pas rester ici : je veux