Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/334

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


nards,… vous on prendrez bien un peu… Encore, encore,… quand ce ne serait que pour m’obliger… C’est donc pour me faire un reproche de ma mauvaise cuisine, que vous ne mangez pas ?… Ce n’est pas aimable, ça… À la bonne heure ! voilà une bonne tranche d’avalée ! c’est toujours ça… Votre tasse de café, à présent, avec une goutte d’eau-de-vie.

le curé.

Pas d’eau-de-vie, Nanon, je vous en prie.

nanon.

Vous en aurez tout de même. Là, voilà que c’est versé ! Vous ne pensez jamais à l’avenir ! Si je n’étais pas là, moi, il y a longtemps que vous seriez en terre.

le curé.

Ce ne serait pas un si grand malheur, Nanon !

nanon.

Seigneur de Dieu ! pas un si grand malheur ! Comme vous parlez !… toujours sans réflexion ! Pas un malheur !… Et que deviendraient les pauvres du quartier, et les malheureux, et les malades, et tous ceux qui ont besoin de conseils et de consolations ? Et moi donc ? et votre nièce ?… vous ne nous comptez pour rien ! Faut-il être égoïste pour dire des choses comme ça !… C’est que c’est méchant ; vrai, c’est méchant !… Pas un grand malheur !… Et dire que c’est lui-même, lui, l’homme du bon Dieu, qui dit des choses comme ça ! Tenez, monsieur le curé, permettez-moi de boire ce reste de café, avec