Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/362

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le curé.

Mon cher enfant, si vous voulez devenir un bon et vrai chrétien, il faut apprendre à pardonner à tous ses ennemis.

le brigadier.

Pardonner à l’assassin de mon frère et de mon ami, c’est, je le crains, au-dessus de mes forces.

le curé.

Vous y arriverez, mon ami, quand vous aurez sous les yeux l’exemple de la charité inépuisable de celle que vous nommiez tout à l’heure la sainte Caroline.

le brigadier.

Oui, monsieur le curé, oui ; vous lui direz qu’elle me rendra meilleur, que j’ai besoin de son aide pour le devenir.

le curé.

Je le lui dirai, mon ami ; mais je crois qu’elle ne vous trouve pas trop mauvais tel que vous êtes. »

Le médecin, si impatiemment attendu, arriva enfin. Il prit la main du blessé, se rapprocha pour écouter sa respiration, et examina la blessure.

« Le visage n’est pas mauvais, dit-il ; tout dépend de la profondeur de la plaie. S’il n’y a pas de prédisposition morbide, nous pourrons arriver à une solution heureuse.

le curé.

Monsieur Tudoux, de grâce, dissipez nos incertitudes sans perdre de temps, et pansez la plaie du pauvre Gribouille.