Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/84

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robes ; que c’était maman qui les taillait. Elle dit qu’elle ne me payera pas le travail de toute la semaine dernière ; qu’elle ne me fera plus travailler.

gribouille.

Tu pleures pour cela ! Tu sais pourtant bien que cela n’est pas vrai !

caroline.

Oui, mais ça fait de la peine de s’entendre accuser de tromperie quand on est honnête.

gribouille.

Vraiment ! Eh bien ! c’est drôle : moi, ça ne me fait rien. Quand on m’a dit un jour : « Gribouille, tu as volé des pommes ; il m’en manque beaucoup », j’ai ri, moi, et j’ai répondu : « Je ne vous ai rien volé du tout ; cherchez le voleur ailleurs ; ce n’est pas moi ». Si Mme Delmis me disait : « Gribouille, tu as mal bêché mon jardin, les pois ne lèvent pas… », je répondrais sans me troubler : « Madame, j’ai bien bêché votre jardin. Si les pois ne lèvent pas, prenez-vous-en à Mlle Rose, qui pourrait bien m’avoir joué un méchant tour. » Et si elle disait : « Tu es un méchant, tu es un ingrat », je dirais, toujours sans me déferrer : « Madame se trompe, je suis bon et reconnaissant ; madame devrait être honteuse d’avoir de mauvaises pensées comme elle en a ». Si tu veux, ma sœur, je vais aller dire à Mme Delmis que tu es honnête, que tu travailles parfaitement, que tu n’as pas manqué ses robes, que c’est elle qui est une voleuse en ne te les