Page:Ségur - Le mauvais génie.djvu/132

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


la ficelle, le remit en place, ôta la clef et la posa dans sa cachette, derrière l’armoire, Puis elle se mit à faire les préparatifs du souper. Julien l’aidait de son mieux. Frédéric resta pensif ; au bout de quelques instants, il se leva et sortit.


madame bonard.

Où vas-tu, Frédéric ?


frédéric.

Je vais voir si mon père est rentré avec les chevaux et s’il a besoin de moi.


madame bonard.

C’est très bien, mon ami. Cela fera plaisir à ton père.

« Cela m’étonne, continua-t-elle quand il fut parti ; en général, il ne fait tout juste que ce qui lui a été commandé. Je serais bien heureuse qu’il changeât de caractère. Maintenant que nous allons te perdre, mon Julien, il va bien falloir qu’il travaille davantage. Son père le fera marcher pour le gros de l’ouvrage, mais pour le détail il faudra que Frédéric y pense de lui-même et le fasse.


julien.

Il le fera, maîtresse, il le fera ; moi parti, il ne comptera plus sur mon aide, et il s’y mettra de tout son cœur.


madame bonard.

Que le bon Dieu t’entende, mon Julien, mais je crains bien d’avoir à te chercher un remplaçant sous peu de jours. »

Julien ne répondit pas, car il le pensait aussi. Il continua à s’occuper du souper. Une demi-heure après, Bonard rentra.